deserteur39

31 jui, 2007

RENAUD PUB CENSURE ANTICORRIDA

Renaud engagé — Par deserteur39 @ 17:45

Paris, le 30 juillet 2007

A l’attention de Monsieur Jean-Pierre TEYSSIER

Président du BVP

Monsieur le Président, 

Je suis fort étonné d’apprendre que le Bureau de Vérification de la Publicité refusait de donner un avis favorable à la diffusion d’un Spot publicitaire contre la corrida réalisé conjointement par la SPA, le CRAC et la FLAC. 

La SPA, associée à ces deux associations, s’est beaucoup investie pour dénoncer la cruauté tauromachique : un animal qui se fait torturer, 15 minutes durant, devant un public venu payer pour assister à un massacre. Vous comprendrez aisément que la SPA ne peut tolérer l’existence de ces « spectacles » qui font appel aux plus bas instincts de l’homme.  

A trois reprises, nous avons souhaité modifier le spot pour avoir l’accord de le diffuser et avons ainsi fait preuve de bonne volonté pour voir ce projet qui nous tient à cœur aboutir.

A trois reprises, vous avez refusé de donner un avis favorable. Je suis très en colère et ignorais que le BVP pratiquait une censure aussi scandaleuse. Nous souhaitons dénoncer la souffrance infligée à un animal, la persistance de cette tradition intolérable dans un pays moderne, la nécessaire prise en compte de l’intérêt supérieur de l’animal face aux traditions archaïques ! 

Plusieurs chaines de télévision diffusent à l’heure actuelle des images de corrida, des images de sang, de souffrance, de violence sans que les instances télévisuelles ne s’en offusquent… Pourquoi est-il aujourd’hui impossible en France de diffuser un spot dénonçant ce que 75% des Français considèrent purement et simplement comme de la cruauté ? Parce que le BVP protège les intérêts du monde taurin, celui-là même qui refuse de concevoir la souffrance de l’animal et qui prône sans cesse l’excuse délirante de la tradition et de la beauté du spectacle pour justifier l’injustifiable ! On ne saurait qualifier d’art ce qui engendre Souffrance et Mort…Oui le taureau souffre et personne ne saurait le lui dénier. 

Président du BVP, vous avez, au-delà de votre conscience professionnelle, le devoir d’imposer une éthique dans le monde publicitaire. Vous ne devez pas balayer d’un revers de main ceux qui tentent de dénoncer la pratique de la tauromachie ! Une tribune doit leur être accordée et je vous demande d’accepter la diffusion de ce Spot.

Ne vous laissez pas aller à une censure publicitaire qui présenterait la corrida comme un sport national artistique.

De mon côté, avec la SPA, le CRAC et la FLAC, je continuerai à me battre contre la corrida. J’attends du gouvernement un geste fort : l’abolition de la corrida en France !

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’assurance de ma considération distinguée.

Renaud

 

 


 
LIENS SUR LES AUTRES EXPLICATIONS ET VIDEOS 

Commentaires

  1. j'ai toujours été contre la torture des animaux, mais j'ai ce matin à la TV entendu de la pub pour les corridas du midi de la france ou il a été dit que la taureau ne sortant pas vivant de l'arène il n'y aurait pas d'interdit, mais que les férias seraient elles interdites à cause de la fièvre afteuse... c'est honteux...

    Par beneat — 08 aoà 2007, 15:24

  2. DE LA BARBARIE

    Par deserteur39 — 20 aoà 2007, 23:16

  3. j'aime les animaux je les défends depuis 25 ans, je suis végétarienne et je ne supporte pas la corrida, barbarie inutile et scandaleuse. cessons cette boucherie à ciel ouvert, les taureaux et les chevaux n'ont pas demandés à venir dans l'arène pour mourrir torturés devant un public avide de sang...
    aidez les associations à venir à bout de cette "tradition" débile et inutile. ce n'est pas humain. merci renaud pour votre soutien isabelle membre actif de la maison des chats de Pont ste maxence

    Par humblot isabelle — 30 nov 2007, 11:05

  4. APPEL A TOUS,
    Il existe encore dans notre pays un spectacle barbare et cruel, où des "hommes" torturent et mettent à mort un animal en toute impunité : LA CORRIDA. Ce spectacle date d'une autre époque et n'a pas plus lieu d'exister!
    Dans un premier temps, nous avions, nous "antis" demandé à Mr Sarkozy qu'il interdise l'entrée de ces spectacles sanguinaires aux enfants de moins de 15 ans; nous venons d'apprendre que notre demande a été rejetée, Mr Sarkozy (amateur de corridas) prétextant le côté "traditionnel" de la "chose" et peu importe si cela peut déstabiliser quelques enfants.
    De ce fait nous tenons à informer un maximum de personnes souvent très ignorants du contenu de ce spectacle et c'est pourquoi nous vous invitons à regarder ce qu'il s'y passe et ce à quoi sont exposés certains enfants :
    Recopier ce lien : http://www.liberaong.org/index.php?v=5 puis cliquer sur : Libéra
    Tout ça est insensé, d'un côté la télé refuse de diffuser les images du spot publicitaire démontrant l'horreur tauromachique ( très minimisée, à voir sur dailymotion "spot contre la corrida" ) car pouvant heurter les plus jeunes et de l'autre, on les autorise à assister à ce spectacle (bizarre tout de même).
    La corrida est une véritable tuerie organisée tuant à petit feu un animal à qui on impose un combat, c'est une tuerie esthétisée au maximum, ce qui dupe un maximum de gens (des touristes en l'occurence, souvent accompagnés de leurs enfants).
    C'est aussi une histoire de "gros sous", peu importe si cela choque certains, peu importe si l'animal souffre...il faut se faire plaisir pour les aficionados(amateurs de cette pratique) et se remplir les poches pour le milieu taurin.
    Une vraie honte!
    Vous pouvez nous soutenir en allant sur les sites "anticorrida" il y des pétitions (toujours valables) à signer.
    Merci de votre compréhension et de votre coopération. Nous ne pouvons plus laisser ce spectacle sanguinaire perdurer...question d'hétique!
    Nat.

    Et encore merci Renaud. Merci et bravo!

    Par nat — 21 jan 2008, 15:57

  5. Merci nat pour ce message

    Par deserteur39 — 22 jan 2008, 10:32

  6. Comment massacrer un taureau dans le ruedo?
    Nous connaissons tous les recettes permettant de préparer un taureau aux triomphes insipides auxquels nous avons pris l'habitude d'assister : gommage des aspérités indésirables de la caste, coiffage des cornes, voire méthodes plus inavouables encore si le sujet se montre particulièrement récalcitrant.
    Abordons à présent quelques moyens simples de réduire à néant les efforts déployés par l'éleveur pendant quatre ou cinq ans pour produire un taureau de combat, mais cette fois dans le ruedo, dans le cas (de plus en plus rare en pratique) où celui-ci, en dépit de l'application des recettes précédemment évoquées, ressemblerait encore trop, lors de sa sortie, à un véritable taureau de combat.
    Prenons par exemple un taureau encasté de Sanchez Fabres, d'encaste Santa Coloma (rama Coquilla) qui, comme les novillos lidiés récemment à Saint-Martin de Crau en ont apporté la preuve, ont parfois le mauvais goût de se montrer tel.
    Dès sa sortie des chiqueros, sans perdre une minute qui pourrait lui permettre de se remettre du stress accumulé pendant son transport et son séjour dans les corrales, chargez vos peones d'attirer son attention en le citant à l'abri du burladero.
    Le bicho, selon toute vraisemblance, répondra auxdites sollicitations sans se faire prier. Il suffira alors de le faire taper contre les planches pendant de très longues minutes, afin qu'il y épuise ses forces.
    Si la méthode est mise en œuvre avec succès, on obtient alors un taureau très largement affaibli, voire, avec un peu de réussite, handicapé, et dans tous les cas ayant laissé une partie importante de son moral sur le burladero. Les individus aux cornes dites pudiquement "fragiles" peuvent aussi abandonner, lors de l'exercice, une partie supplémentaire de leur substance. Cet aspect n'est pas déterminant s'agissant de Coquillas, mais pour des opposants issus d'autres origines, cela peut s'avérer intéressant.
    Et le tour est joué ! En un tournemain, vous obtenez un taureau moribond, sans vous mettre le public à dos, et si plus rien ne peut en être tiré, ce ne sera pas de votre faute.
    Le taureau, dans la presse du lendemain, sera qualifié de violent à sa sortie, puis allant de mas a menos, se révélant ensuite impropre à la lidia moderne.
    A suivre...
    http://camposyruedos2.blogspot.com/se arch/label/Lidia

    Par nat — 03 fé 2008, 16:56

  7. CORRIDA…ATTENTION !

    Il faut que cela cesse, et pour ça prenez connaissance de ces images… et oui cela existe encore à notre époque et dans notre pays… on torture puis on tue un animal en spectacle et tout ça sous couvert de tradition… de plus les enfants peuvent assister librement à cette barbarie… voyez par vous-même ce à quoi sont exposés ces enfants :

    http://es.youtube.com/watch?v=0raTwHMSn0k

    http://es.youtube.com/watch?v=qeeCqRtMIHc&feature=related

    Ce sont des images que l’on se garde bien de montrer dans les médias où l’on ne montre que le côté le plus esthétique ( habits de lumière, passes de capes, fanfares...) mais tout ceci comme vous aurez pu le constater, cache un macabre spectacle.

    AIDEZ-NOUS – REAGISSEZ !

    http://www.anticorrida.com/html/campagnes/campagne.htm#lettredepute

    http://www.petition-anticorrida.com/

    MERCI.

    NAT.

    Par nat — 03 fé 2008, 17:07

  8. CORRIDA…ATTENTION !

    Il faut que cela cesse, et pour ça prenez connaissance de ces images… et oui cela existe encore à notre époque et dans notre pays… on torture puis on tue un animal en spectacle et tout ça sous couvert de tradition… de plus les enfants peuvent assister librement à cette barbarie… voyez par vous-même ce à quoi sont exposés ces enfants :

    http://es.youtube.com/watch?v=0raTwHMSn0k

    http://es.youtube.com/watch?v=qeeCqRtMIHc&feature=related

    Ce sont des images que l’on se garde bien de montrer dans les médias où l’on ne montre que le côté le plus esthétique ( habits de lumière, passes de capes, fanfares...) mais tout ceci comme vous aurez pu le constater, cache un macabre spectacle.

    AIDEZ-NOUS – REAGISSEZ !

    http://www.anticorrida.com/html/campagnes/campagne.htm#lettredepute

    http://www.petition-anticorrida.com/

    MERCI.

    NAT.

    Par nat — 03 fé 2008, 17:09

  9. Comme de coutume, les toros sortent du tercio le morrillo impeccable...donc "pique" non règlementaire ; foutu peto-blindage qui autorise les picadors à ne plus (savoir) déplacer leurs tanks² aveugles (cf. Lumière !), à ne plus s'engager dans la suerte, à ne plus défendre le cheval contre la corne et, de fait, à ne plus donner la sortie au toro !
    ² 600-650 kg (cheval "nu" ) + 30 kg (peto, manchons compris ?) + une quinzaine de kg au bas mot (selle+tapis+sangles+mors+étrier+estribo, celui sur lequel le toro se fracasse le crâne ! Et ce n'est pas une image) + 85-100 kg (picador tout équipé, vara incluse) = entre 730 et 800 kg !!!
    Trouvé également sur "camposyruedos" en cliquant sur "suerte de vara".

    Par nat — 03 fé 2008, 17:15

  10. http://camposyruedos2.blogspot.com [...] 0de%20vara et cliquez sur "suerte de vara"... il y a beaucoup de choses "intéressantes".
    LES YEUX DES CHEVAUX DE PICADORS.-
    Début du texte : « Comme il paraît que l’on ne peut pas tout avoir dans la vie, la pique immortalisée par ce cliché n’est pas portée dans le morrillo et le cheval a l’œil droit caché. »
    L’auteur déplore que le cheval ait l’œil droit caché, et il le déplore comme chose non réglementaire au même titre que la pique hors du morrillo.
    Effectivement, la photo atteste de ces deux choses. Mais pour l’œil droit "caché", il n’y a rien-là que de parfaitement légal. Les règlements prévoient que l’œil droit seul soit bandé et, par conséquent, que l’œil gauche soit libre : l’actuel règlement espagnol des spectacles taurins (REST) dit (art. 72.2) « … Le picador veillera à ce que le cheval ait le seul œil droit couvert… »
    La photo ne nous permet pas de savoir ce qu’il en est de l’œil gauche dans le cas particulier. Quoi qu’il en soit, couvrir les deux yeux de ces chevaux ne change rien du point de vue tauromachique* et leur évite des douleurs inutiles.
    En effet, là où l’on exige que l’œil gauche soit libre, il y a intervention de la picaresque :
    « Quand il en est ainsi, on applique sur l’œil découvert une lentille opaque en matière plastique, dont l’usage entraîne des lésions oculaires. Dans d’autres cas, le remède est plus cruel car ce qui se fait est d’asperger le globe oculaire du cheval avec de l’eau oxygénée, d’où une perte de vision de quelques heures, mais que l’emploi continu de cette pratique convertit en définitive. » Consejo General de Colegios Veterinarios de España : Entre Campos y Ruedos — Saragosse, Ibercaja, 1991.
    Sans compter la torture que subit le taureau, il est pleins de "petites maltraitances" que subissent ces animaux et peu importe... du moment que ça rapporte des sous et que le peuple (petite minorité)...s'amuse.
    UNE VRAIE HONTE!

    Par nat — 03 fé 2008, 17:24

  11. Dossier sur le "Premier Tiers"....de la pique à la baudruche
    Par Thomas Thuries.
    Jadis, le premier tiers avait pour vocation de canaliser le toro de combat et de régler son port de tête avec un procédé qui permettait de juger de sa bravoure. En 2007, au sortir d’une arène, la phrase parait d’un autre âge, pratiquement sans rapport avec la réalité du premier tiers actuel.
    N’étant pas d’un âge canonique, ce référent s’étaye plus par la lecture que sur mon expérience propre. Mais qu’importe, la conception du premier tiers selon les traités parait à des années lumières de la réalité présente.
    La tauromachie a évolué, c’est un fait. Se complaire dans le passé et nier son évolution parce que celle-ci ne nous convient pas ne fait pas avancer le débat. Pire, une telle vue, rétrograde par définition, reviendrait à nier une tauromachie vivante. Cependant, s’il est évident qu’une activité doit évoluer avec son temps, le sens, lui, doit perdurer. Le sens, la logique, l’aspect légitime des étapes de la lidia doivent non seulement subsister mais guider les changements.
    Or, que reste-il aujourd’hui de l’esprit des tiers de piques d’hier ? Dans la plupart des cas, rien, si ce n’est une pique d’acier, un toro, un cheval et un piquero. Les acteurs sont restés mais leur esprit a bien changé. Non, pas évolué, changé. Car l’attitude irrespectueuse de la plupart des picadors actuels ne peut se nourrir dans le glorieux passé des « varilargueros » d’antan. Tout comme la niaiserie sans force de nos toros ne peut revendiquer la violence sauvage des toros d’hier. Qui cherche aujourd’hui à régler un port de tête ? Qui cherche aujourd’hui à focaliser l’attention d’un toro de combat ? Qui cherche aujourd’hui à étalonner la bravoure ? Autant de questions qui sont exclues des préoccupations des professionnels et ce pour des raisons multiples.
    La première tient dans l’évolution du toro de combat. Canaliser un toro ? Mais pourquoi faire ? Le toro moderne sort pré-réglé, sans excès de sauvagerie. Point besoin alors de centrer son attention et son attitude folle. De même pour le port de tête. Tel un animal dressé, le toro moderne est bien élevé et n’agite pas plus que de raison ses défenses. Montrer sa bravoure alors ? Mais qui donc cela peut bien intéresser ? De toute façon, même si sa bravoure l’anime, ses forces ne lui permettent pas de se révéler.
    Avec un tel animal, peut-on exiger un tiers comme dans le passé ? Non, évidement non.
    Une autre raison de la décrépitude du premier tiers tient dans la déconsidération de la lidia. Il est vrai que celle-ci découle de la dégénérescence du toro de combat, qui en a réduit son utilité. Mais bien que le tableau noir, décrit ci-dessus, soit coutumier, tous les toros ne sont pas ainsi. Il y a d’autres TOROS, qui eux, revendiquent fièrement les gènes de leurs ancêtres. En disant cela, soyons clairs, je ne pense pas exclusivement aux élevages toristas, mais également aux ganaderias dites modernes et dont les patronymes ornent les cartels des grandes arènes. J’ai déjà vu des toros des devises de Fuente Ymbro, Alcurrucén, Jandilla, Los Bayones, El Ventorillo, Nuñez del Cuvillo et même Zalduendo qui feraient pâlir de jalousie les toros des fers les plus durs. A ces toros là, appliquer la lidia a un sens et bien au contraire, c’est les lidier comme les autres qui n’a aucun sens. Et c’est là ma principale critique des toreros actuels.
    En se situant dans le contexte actuel, comment blâmer un torero de ne pas lidier un toro moderne, comme ses prédécesseur lidiaient les « toros antiguos » ? Comment lui reprocher de ne pas faire piquer deux fois un toro qui s’agenouille avant même l’entrée du groupe équestre dans le ruedo ? Raisonnablement ce n’est pas possible. La critique est simplement l’existence de ce type de bétail, impropre à la lidia dans les canons du passé. Par contre, à l’inverse, comment excuser un torero qui n’accorde pas au vrai TORO BRAVO l’honneur d’être combattu dans les règles ? Aucune excuse n’est valable, d’autant plus que ces toros sont rares, les gâcher est un véritable crime de lèse-majesté.
    Oui, le tiers de pique actuel est un véritable crime. Oublions le toro moderne et décrivons un tiers de pique comme il s’en pratique tous les jours (si on a encore la chance de voir sortir un véritable toro). Le toro est placé excessivement proche du cheval, à la limite de la distance réglementaire (voir au delà), afin de diminuer au maximum l’impact. Car, si dans le passé, la pique se déroulait avant l’impact, aujourd’hui tout se passe après : Sans élan, le toro est impuissant dans le peto, enfermé, il ne trouve aucune prise, tente de pousser, de soulever, mais ne peut que faire reculer de quelque pas ses adversaires au péril d’un effort extrêmement violent. Tout à coup épuisé, le toro s’arrête et reste collé au peto sans bouger. Le torero attend quelques instants, histoire de voir si le toro est bien vide, qu’il ne lui reste plus aucune force pour effectuer la moindre relance. Alors, sûr du verdict, il part chercher le toro. La seconde rencontre n’est qu’illusion, le toro restant au contact du cheval, sans esquisser la moindre poussée.
    Tel est notre premier tiers actuel. Il s’agit d’une entreprise de diminution, sans honneur, qui ne valorise pas les combattants. Nous sommes là, bien loin, des textes des manuels de tauromachie, mais nous somme aussi et surtout dans la réalité de l’aficionado du 21 siècle.
    Renaud Maillard le rappelait il y a peu dans ces mêmes colonnes, il y a trois facteurs de diminution physique du toro lors du premier tiers, l’impact de la pique, la saignée et la poussée. De nos jours, seul ce dernier point est utilisé, mais à l’excès. Toute la force du toro se dissipe dans la poussée, et de surcroît, non dans une poussée valorisée, mais étouffée.
    Il est parfois délicat lors d’une pique mal placée de prendre parti contre le piquero ou contre le torero. Même si le premier répond théoriquement aux ordres du second, les rapports hiérarchiques sont parfois surprenants, d’autant plus si le torero est peu influant ou s’il s’agit d’un novillero. Tenir rigueur au novillero du comportement du piquero, même si ce raisonnement s’inscrit dans une certaine logique, est dans les faits parfois cruel et injuste. Mais il n’est point de doute sur la responsabilité du torero qui attend, bras croisés à quelques mètres du cheval, que le toro « se vide ». Cette attitude est éthiquement scandaleuse et franchement impardonnable.
    A n’en pas douter, et contrairement à ce que l’on voudrait bien nous faire croire, c’est nous le public qui dirigeons l’évolution de la tauromachie. Croyez-vous qu’un torero va faire des efforts s’il est persuadé que le public ne sait pas valoriser son geste ? La lidia des cuadrillas est-elle la même à la Real Maestranza de Caballeria de Sevilla qu’ailleurs ? Le public directement ou indirectement dicte l’attitude des toreros. Actuellement, peu importe ce qui ce passe avant de prendre « les trastos », ce qui compte est la faena et nous pâtissons de cette position. Mais si nous prenions en considération l’ensemble du spectacle pour valoriser une « actuacion », alors l’attitude des toreros serait tout autre. Leur but est de nous plaire, contenter le public pour se faire un public. Si leur attitude passive et coupable lors du premier tiers leur était reprochée, celle-ci changerait…pour sûr.
    Notre toro est devenu une baudruche. Tel un ballon de baudruche se vide tenu entre deux doigts de la main, hurlant son déshonneur. Le toro de combat s’épuise à lutter contre des moulins à vents. Alors que la philosophie ancestrale, la lidia, pousserait à lâcher le ballon dans les airs afin qu’il vive tout en se vidant progressivement, exprimant avec honneur une vie fugace à travers de multiples tourbillons qui nous resteraient dans la rétine.
    Le même concept tendrait à présenter le toro à une distance raisonnable du cheval et à le sortir peu de temps après le contact. Ceci permettrait de lui éviter de gâcher ses forces inutilement et de récidiver encore et encore. Avec honneur, le toro combattrait et cet honneur lui serait alors rendu en le laissant s’exprimer. Alors combien de toros braves qui se dégonflent actuellement sur la première pique retrouverait-on ? Dans l’application actuelle de la tauromachie, les dogmes du passé ne peuvent être pris en considération tant il est certain que la façon de piquer les toros influe sur leur bravoure. Demandons de nouveaux concepts ou retrouvons la philosophie du passé. Adaptons la lidia actuelle aux grands principes du combat de toros ou cherchons de nouveaux dogmes, plus modernes où l’art remplace le combat. Je ne serai pas de ce dernier combat mais de celui du retour de la logique, celle décrite par Pepe Hillo et qui a permis depuis deux siècles à des milliers de toreros d’estoquer avec tous les honneurs le Taurus Ibericus. Mes amis, soyez de ce défi. Nous avons notre rôle à jouer. A nous de gonfler les toreros pour stopper l’ère du toro baudruche.

    Relevé sur"camposyruedos" également.

    Par nat — 03 fé 2008, 17:38


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