LE TANGO DES ELUS
Et dire que chaque fois que nous votions pour eux Nous faisions taire en nous ce cri:"Ni dieu ni maitre !"
Dont ils rient à présent puisqu'ils se sont fait dieux
Et qu'une fois de plus nous nous sommes fait mettre
Et dire que chaque fois que nous votions pour eux Nous faisions taire en nous ce cri:"Ni dieu ni maitre !"
Dont ils rient à présent puisqu'ils se sont fait dieux
Et qu'une fois de plus nous nous sommes fait mettre
Mes amis, je n'les connais pas,
Mes amis sont ici où là.
Mes amis sont les exploités,
Tous ceux sur lesquels vous crachez,
Mes amis sont les ouvriers
Si j'suis venu chanter ce soir,
Pendant que vous vous gobergez,
Si j'suis venu chanter trop tard
Peut-être pour que vous m'écoutiez,
C'est que j'veux pas que vous dormiez,
Et que vos rêves soient dorés,
Quand mon pays est enchaîné.
Mon pays, je n'le connais pas,
Mon pays est ici où là.
Mon pays c'est un champ de blé
Où vous n'mettrez jamais les pieds,
Mon pays, c'est la liberté.
Si j'suis venu chanter ce soir,
Pendant que vous vous gobergez,
Si j'suis venu chanter trop tard
Peut-être pour que vous m'écoutiez,
C'est que j'veux pas que vous dormiez,
Et que vos nuits soient sans danger
Quand mon amour se fait violer.
Mon amour, je n'le connais pas,
Mon amour est ici où là.
Mon amour est emprisonnés,
Toujours trahi, souvent bafoué,
Mon amour s'est la vérité.
Si j'suis venu chanter ce soir,
Pendant que vous gobergez,
Si j'suis venu chanter trop tard
Peut-être pour que vous m'écoutiez,
C'est que j'veux pas que vous dormiez,
C'est que j'voudrais vous voir crever
Quand le pouvoir sera jugé.
Le pouvoir, je le connais bien,
Le pouvoir est entre vos mains,
C'est c'lui des flics et des curés
Sur qui je suis venu cracher,
Pour qui je suis venu chanter.
(Renaud Séchan)
Il s'app'lait Ravachol, c'était un anarchiste
Qu'avait des idées folles, des idées terroristes.
Il fabriquait des bombes et les faisait sauter
Pour emmerder le monde, les bourgeois, les curés.
A la porte des banques, dans les commissariats,
Ça f'sait un double-bang, j'aurais aimé voir ça.
Mais un jour il fut trahi par sa meilleure amie,
Livré à la police, la prétendue justice.
Au cours de son procès, il déclara notamment
N'avoir tué aucun innocent,
Vu qu'il n'avait frappé que la bourgeoisie,
Que les flics, les curés, les fonctionnaires pourris.
Mais le juge dit : Ravachol, on a trop discuté,
Tu n'as plus la parole, maint'nant on va trancher !
Devant la guillotine, il cita, ben voyons,
Le camarade Bakounine et l'camarade Proudhon :
Si tu veux être heureux, pends ton propriétaire,
Coupe les curés en deux, tue les p'tits fonctionnaires !
Son exemple fut suivi quelques années plus tard
Par Emile Henry, autre ennemi du pouvoir.
Camarade qui veux lutter autour du drapeau noir,
Drapeau d'la liberté, drapeau de l'espoir,
Rejoins le combat du groupe Ravachol
Et n'oublie surtout pas qu'la propriété, c'est l'vol !
Il s'app'lait Ravachol, c'était un anarchiste
Qu'avait des idées pas si folles, des idées terroristes.
(Renaud Séchan)
La grenade qu'un CRS m'a envoyée
L'autre soir au quartier m'a beaucoup fait pleurer,
j'ai rejoint en courant la place Edmond-Rostand,
y avait des flics partout, et pouratnt j'en rosse tant !
Dans la semaine ils mettent leurs petits PV,
et le vendredi soir relancent nos pavés,
ces bourreaux, ces SS, qui nous filent des mornifles
et qu'on attaque sans peur à coups de canif !
Les flics ne cognent jamais de la même façon,
tout dépend de la fille, tout dépend du garçon,
moi je suis le polisson du centre Beaujon.
C'était ma première chanson Crève Salope. Une chanson qui a fait le tour des lycées, qui est devenu un hymne en 68. Je l'ai chantée à la Sorbonne et au lycée Montaigne occupé. Au premier couplet, je remets en cause l'autorité du père, ensuite du prof, du flic et du curé. Je l'ai chantée partout et tous les types qu'avaient une guitare disaient : « Ouah, super ! » Le refrain était très populaire, très entraînant, très à chanter en chœur. Le premier mec avec une guitare me disait : « Ouah, écris-moi les paroles, je vais les chanter ». Et il rentrait dans son comité d'action, dans son lycée à lui. Et puis, ça a fait le tour de Paris. Il y a au moins cinq cents personnes qui l'ont écoutée, cette chanson.
- Renaud
crève salope(1968)
Et j'ui ai dit : crève salope !
Et j'ui ai dit : crève charogne !
Et j'ui ai dit : crève poubelle !
Vlan ! Une beigne !
Le lendemain, comme tous les jours, j'vais au lycée,
Je rencontre dans la cour mon prof d'anglais,
Elle me dit : bonjour jeune homme, comment ça va ?
J'ui réponds: ta gueule, sale conne, ça t'regarde pas !
Et j'ui ai dit : crève salope !
Et j'ui ai dit : crève charogne !
Et j'ui ai dit : crève poubelle !
Vlan ! Une beigne !
L'proviseur m'a convoqué le lendemain,
Dans son cabinet privé, pour un entretien,
Ym'dit : essuyez vos pieds avant d'entrer.
J'ui ai dit : écoute mon pote, tu m'laisses causer !
Et j'ui ai dit : crève salope !
Et j'ui ai dit : crève charogne !
Et j'ui ai dit : crève fumier !
Vlan ! Viré !
Je m'suis r'trouvé dans la rue, abandonné,
J'étais complèt'ment perdu, désespéré,
Un flic me voit et me dit : qu'est-c'tu fous ici ?
A l'heure qu'il est, tu devrais être au lycée,
Et j'ui ai dit : crève salope !
Et j'ui ai dit : crève charogne !
Et j'ui ai dit : crève fumier !
Vlan ! Bouclé !
Je m'suis r'trouvé enfermé à la Santé,
Puis j'ai été condamné à être guillotiné,
Le jour d'mon exécution, j'ai eu droit au cur'ton,
Y m'dit : repentez-vous mon frère, dans une dernière prière
Et j'ui ai dit : crève salope !
Et j'ui ai dit : crève charogne !
Et j'ui ai dit : crève fumier !
Vlan ! Y z'ont tranché !