deserteur39

RENAUD A NANCY 13/04/07

Article de journaux — Par deserteur39 @ 14:22
un article de l'Est Républicain
 
Photos Dominique Charton
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
C'est un Renaud particulièrement en forme      Une connivence de tous les instants avec qu'a retrouvé le public.                               les 5.600 spectateurs.

 
"Renaud président"

" Ticket » gagnant pour le poulbot venu partager ses colères et sa tendresse avec le public nancéien durant trois bonnes heures"
.

Bien sûr, il a commencé par « Malone », l'hommage à son fils, un an en juillet prochain. L'un des jalons illuminés de sa nouvelle vie, celle du bonheur retrouvé après de douloureux égarements. « L'existence, ça change mais les chansons restent » précise-t-il après avoir effectué un flash-back vers ses démons d'hier dans un tube qui l'avait remis en selle et scellé son retour triomphant, « Docteur Renaud - Mister Renard ». C'est un artiste particulièrement en forme qu'a retrouvé le public nancéien hier soir, un Zénith comble... 5.600 personnes au total pour un récital de trois heures entrecoupé de nombreux commentaires bien sentis, histoire de rappeler qu'il n'a pas changé. Gros succès, bien sûr, pour son incendiaire « Elle est facho ». Le commentaire est tranché comme ses couplets et le public aime.

Sur les toits

En cette période électorale, il ne pouvait que rappeler où il est, ce qu'il pense de certains candidats. Parmi les spectateurs, entre rire et claque enthousiaste le plaisir n'en finit plus de monter jusqu'à se lancer d'une seule voix dans un long « Renaud président ! » qui lui arrache un de ses sourires tout à la fois ironique et complice.
A la place de village en fête, décor de son précédent, ont succédé des toits à l'ancienne couverts de zinc, ceux de Paris dont il demeure avec son accent un poulbot. Vêtu d'un costume sombre, cravate « rouge sang », il évolue sur le devant de la scène entouré d'une belle brochette de musiciens avec aux premiers postes, ses vieux complices Alain Lanti derrière le piano et Jean-Pierre Buccolo à la guitare.
Le répertoire est varié avec une dominante de cordes, violon compris. On passe ainsi de belles envolées country à des airs délicieusement folk, très marqués. L'accordéon est également de la fête, comme hier et bien longtemps avant. Il n'hésitera pas à s'en emparer le temps d'une mélodie nostalgique avant de revenir à des envolées plus bastringues mais toujours bien troussées.

Reflets mauves

Une certaine critique est passée à côté de son dernier album, fleuve, pas le public qui le reprend en choeur, s'en délecte. Comme il le fait pour des morceaux plus anciens dont le propos, le plus souvent, est toujours d'actualité comme cet inusable « Bal à l'ambassade » ou le tout aussi cinglant « Dis papa quand c'est qu'il passe le marchand de cailloux ». L'occasion encore de s'interroger, alarmiste, sur les futurs proches et la vie qu'il prépare à son « bébé ».
Dans cette descente au coeur d'un répertoire particulièrement fourni figure le détour par « Paris-Dakar », méchamment égratigné bien sûr. Le ton monte avec les effluves rock d'« arrêter la clope »... « pour ne plus être un esclave, retrouver la liberté ». Le tout confié en allumant une cigarette.
En l'absence d'Axelle Red, le public se lance dans un duo le temps de « Manhattan - Kaboul ». S'il ne classe pas « Mistrals gagnants » parmi ses « deux chansons préférées », cette ballade où dominent le piano et la tendresse paternelle fait plus que jamais un malheur et demeure l'un des joyaux du patrimoine français. Renaud met surtout l'accent sur « Elsa », écrite pour partager le chagrin d'une amie de Moselle frappée par un terrible deuil. Et puisque comme il s'en amuse, sous les huées générales, sa carrière touche à sa fin, si un titre doit rester c'est celui qu'il dédie à « Ingrid Betancourt », une volée cinglante de mots sur les faux révolutionnaires, les détourneurs d'idéologie pour une seule cause, le dieu argent. Les lights se sont éteints pour laisser seul l'espace scénique éclairé par les reflets de longues rampes mauves qui éclaboussent le métal du décorum.
Le timbre dérape par moment, il s'en excuse mais il ne va cesser de se bonifier tout au long d'un show particulièrement généreux. Il remettra ça le 26 juin au Galaxie et là il reste encore des places.

Jean-Paul GERMONVILLE

Renaud : « En ce jour symbolique, nous devons internationaliser la solidarité »

Ce soir, à l’occasion de la première de sa tournée Rouge Sang au Zénith de Caen, le chanteur va donner un concert de soutien à Ingrid Betancourt.

Ce soir, vous ouvrez votre tournée à Caen par un concert de solidarité avec Ingrid Betancourt. Quel sens, donnez-vous à votre démarche ?

Renaud. Un journaliste me faisait remarquer que c’était dommage que je ne puisse pas être au Mémorial de Caen où, quasiment à la même heure de mon concert pour Ingrid Betancourt, il y a aussi une belle action, avec une exposition sur la Colombie, sur les otages, sur Ingrid et une allocution de Florence Aubenas, avec la municipalité qui est impliquée. J’ai répondu qu’une action ne faisait pas de l’ombre à l’autre. Elles se cumulent. À chaque fois, c’est une goutte d’eau dans l’océan de solidarité. Durant mon concert - en dehors du fait que c’est la première de ma tournée, avec un nouveau tour de chant et un nouveau répertoire - il y a aura des intervenants avant le concert mais aussi au milieu de mon spectacle, juste après ma chanson spécifique sur le cas des otages Dans la jungle avec notamment Fabrice, le père des enfants d’Ingrid, son fils Lorenzo et différentes personnalités qui viendront s’exprimer. J’ai tenu à ces moments dans mon spectacle pour sensibiliser une fois encore, d’une manière encore plus large, l’opinion publique, les médias, les personnalités de tous horizons, les artistes, le public. Au moment où l’on célèbre malheureusement le cinquième anniversaire de l’enlèvement d’Ingrid, c’est une manière de dire qu’il ne faut pas baisser les bras, ne pas céder au désespoir et à la résignation. Nous devons continuer à nous battre, et plus particulièrement en ce jour symbolique, pour non seulement bousculer la classe politique en France, mais également pour internationaliser la solidarité.

Qu’est-ce qui vous émeut dans le combat d’Ingrid Betancourt ?

Renaud. Cette femme a lutté, sans avoir une goutte de sang sur les mains, de la manière la plus belle qui soit. C’est-à-dire par les armes de la parole et des mots, par le biais de la politique, de la diplomatie, du débat, du militantisme non violent à travers les élections. Elle a été députée, sénatrice, elle était candidate présidentielle et luttait contre la corruption, la misère, la violence, contre le narcotrafic en Colombie. Elle a payé son engagement, ce combat magnifique, par cinq ans d’emprisonnement. C’est une femme honnête, intègre, combative, voilà ce qui m’émeut.

Au côté de personnalités tels Robert Hossein, Alain Delon ou encore Alain Decaux, vous faites partie d’un collectif d’artistes (1) créé début février afin d’appeler le gouvernement à « un engagement plus ferme »

Renaud. J’ai rejoint la position de la fille d’Ingrid, Mélanie Delloye, qui considère, à mes yeux à juste titre, que le gouvernement français s’est contenté de belles paroles, de solidarité, d’empathie, de compassion, mais n’a pas eu l’influence qu’il pourrait avoir et auprès de la Colombie et auprès de l’Union européenne et auprès des États-Unis, qui on le sait, sont souvent dans ce genre de région, les maîtres du jeu. Dans cet esprit Mélanie a écrit un manifeste demandant aux candidats à la présidentielle en France, de dire publiquement ce qu’ils envisageaient de faire pour la libération d’Ingrid.

Quels sont les candidats qui ont - signé ce manifeste ?

Renaud. Pour le moment Arlette Laguiller, Dominique Voynet et Marie-George Buffet l’ont signé. François Bayrou s’est engagé à faire tout ce qui serait en son pouvoir pour faire respecter cette charte manifeste. Ségolène Royal, Mélanie devait la rencontrer hier. Et Nicolas Sarkozy s’est également engagé, ce qui personnellement me fait un peu rigoler, puisqu’il a fait partie pendant cinq ans d’un gouvernement qui n’a rien fait, à part de belles déclarations.

(1) Appel de « 100 artistes et écrivains contre la mort d’Ingrid Betancourt » soutenu notamment par Renaud, Alain Chamfort, Alain Delon,

Jean-Claude Brialy, Philippe Toreton, Marc Levy, Alain Decaux...

Entretien réalisé par Victor Hache


Déserteur - réadaptation de Renaud en 1991, suite à la participation de la France à Guerre du Golfe au Koweit.

Article de journaux — Par deserteur39 @ 09:39

 

Déserteur - réadaptation de Renaud en 1991, suite à la participation de la France à Guerre du Golfe au Koweit.

Monsieur le Président
Je vous fais une lettre
Pour vous dire simplement
J’irai pas au Koweït !

Ta logique de guerre
Ce n’est pas ma logique
La mienne est pacifique
Envers toute la terre,

Et si je prends demain
Un flingue, une grenade
Sur une barricade
Ce ne sera, certain,

Que pour sauver ma peau
Celle de ceux que j’aime
De mes enfants et même
Mes enfants du voisin.

Tomber pour Santiago
Ou mourir à Madrid
Se faire crever le bide
Pour chasser les bourreaux

Passe encore, mais jamais
J’n’irai donner ma peau
Ni pour un casino
Ni pour un pétrolier

Mourir pour un drapeau
Quelle idiotie suprême
Quand il est à l’emblème
De Shell ou Texaco.

Si tu veux Président
Marquer vraiment l’histoire
Et mériter la gloire
Pour au moins deux mille ans

Envoie tes régiments
Libérer la Palestine
Là-bas on assassine
Chaque jour des enfants

Envoie tes bombardiers
Raser la Maison Blanche
Ce sera la revanche
De tous les opprimés !

Ainsi finit ma lettre
J’hésite, je me tâte
Dois-je en rajouter quatre
Pour un dernier mot peut-être ?


Renaud evoque la memoire de l'abbé pierre

Article de journaux — Par deserteur39 @ 09:28

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