deserteur39

INGRID BETANCOURT PREUVE DE VIE ET URGENCE...

Renaud engagé — Par deserteur39 @ 14:55

 

 

EXTRAIT DE LA LETTRE DE 12 PAGES.... 

C’est un moment très dur pour moi. Ils demandent des preuves de vie brusquement et je t’écris mon âme tendue sur ce papier. Je vais mal physiquement. Je ne me suis pas réalimenté, j’ai l’appétit bloqué, les cheveux me tombent en grandes quantités
Je n’ai envie de rien. Je crois que c’est la seule chose de bien, je n’ai envie de rien car ici, dans cette jungle, l’unique réponse à tout est « non ». Il vaut mieux donc, n’avoir envie de rien pour demeurer au moins libre de désirs. Cela fait 3 ans que je demande un dictionnaire encyclopédique pour lire quelque chose, apprendre quelque chose, maintenir vive la curiosité intellectuelle. Je continue à espérer qu’au moins par compassion, ils m’en procureront un, mais il vaut mieux ne pas y penser.
Chaque chose est un miracle, même t’entendre chaque matin car la radio que j’ai est très vieille et abîmée.
Je veux te demander, Mamita Linda, que tu dises aux enfants qu’ils m’envoient trois messages hebdomadaires (...). Rien de transcendant si ce n’est ce qui leur viendra à l’esprit et ce qu’ils auront envie d’écrire (…). Je n’ai besoin de rien de plus mais j’ai besoin d’être en contact avec eux. C’est l’unique information vitale, transcendante, indispensable, le reste ne m’importe plus(…).
Comme je te disais, la vie ici n’est pas la vie, c’est un gaspillage lugubre de temps. Je vis ou survis dans un hamac tendu entre deux piquets, recouvert d’une moustiquaire et avec une tente au dessus, qui fait office de toit et me permet de penser que j’ai une maison.
J’ai une tablette où je mets mes affaires, c’est-à-dire mon sac à dos avec mes vêtements et la Bible qui est mon unique luxe. Tout est prêt pour que je parte en courrant. Ici rien n’est à soi, rien ne dure, l’incertitude et la précarité sont l’unique constante. A chaque instant, ils peuvent donner l’ordre de tout ranger [pour partir] et chacun doit dormir dans n’importe quel renfoncement, étendu n’importe où, comme n’importe quel animal (…). Mes mains suent et j’ai l’esprit embrumé, je finis par faire les choses deux fois plus doucement qu’à la normale. Les marches sont un calvaire car mon équipement est très lourd et je ne le supporte pas. Mais tout est stressant, je perds mes affaires ou ils me le prennent, comme le jeans que Mélanie m’avait offert pour Noël, que je portais quand ils m’ont pris. L’unique chose que j’ai pu garder est la veste, cela a été une bénédiction, car les nuits sont gelées et je n’ai eu rien de plus pour me couvrir.
Avant, je profitais de chaque bain dans le fleuve. Comme je suis la seule femme du groupe, je dois y aller presque totalement vêtue : short, chemise, bottes. Avant j’aimais nager dans le fleuve mais maintenant je n’ai même plus le souffle pour. Je suis faible, je ressemble à un chat face à l’eau. Moi qui aimais tant l’eau, je ne me reconnais pas. (…) Mais depuis qu’ils ont séparé les groupes, je n’ai pas eu l’intérêt ni l’énergie de faire quoi que ce soit. Je fais un peu d’étirements car le stress me bloque le cou et cela me fait très mal.
Avec les exercices d’étirement, le split et autres, je parviens à détendre un peu mon cou. (...) Je fais en sorte de rester silencieuse, je parle le moins possible pour éviter les problèmes. La présence d’une femme au milieu de tant de prisonniers masculins qui sont dans cette situation depuis 8 à 10 ans, est un problème (…). Lors des inspections, ils nous privent de ce que nous chérissons le plus. Une lettre de toi qui m’était arrivée, m’a été prise après la dernière preuve de survie, en 2003. Les dessins d’Anastasia et Stanislas [neveux d’Ingrid], les photos de Mélanie et Lorenzo, le scapulaire de mon papa, un programme de gouvernement en 190 points, ils m’ont tout pris. Chaque jour, il me reste moins de moi-même. Certains détails t’ont été racontés par Pinchao. Tout est dur.
Il est important que je dédie ces lignes à ces êtres qui sont mon oxygène, ma vie. A ceux qui me maintiennent la tête hors de l’eau, qui ne me laissent pas couler dans l’oubli, le néant et le désespoir. Ce sont toi, mes enfants, Astrid et mes petits garçons, Fab [Fabrice Delloye], Tata Nancy et Juanqui [Juan Carlos, son mari].
Chaque jour, je suis en communication avec Dieu, Jésus et la Vierge (...). Ici, tout a deux visages, la joie vient puis la douleur. La joie est triste. L’amour apaise et ouvre de nouvelles blessures... c’est vivre et mourir à nouveau.
Pendant des années, je n’ai pas pu penser aux enfants et la douleur de la mort de mon papa accaparait toute la capacité de résistance. Je pleurais en pensant à eux, je me sentais asphyxiée, sans pouvoir respirer. En moi, je me disais : « Fab est là, il veille à tout, il ne faut pas y penser ni même penser ». Je suis presque devenue folle avec la mort de mon papa. Je n’ai jamais su comme cela s’est passé, qui était là, s’il m’a laissé un message, une lettre, une bénédiction. Mais ce qui a soulagé mon tourment, a été de pensé qu’il est parti confiant en Dieu et que là-bas, je le retrouvera pour le prendre dans mes bras. Je suis certaine de cela. Te sentir a été ma force. Je n’ai pas vu de messages jusqu’à ce qu’il me mette dans le groupe de [l’otage] Lucho, Luis Eladio Pérez, le 22 août 2003. Nous avons été de très bons amis, nous avons été séparés en août. Mais durant ce temps, il a été mon soutien, mon écuyer, mon frère (…).
J’ai en mémoire l’âge de chacun de mes enfants. A chaque anniversaire, je leur chante le « Happy Birthday ». Je demande à ce qu’ils me laissent faire une gâteau. Mais depuis trois ans, à chaque fois que je le demande, la réponse est non. Ca m’est égal, s’ils amènent un biscuit ou une soupe quelconque de riz et de haricot, ce qui est habituel, je me figure que c’est un gâteau et je leur célèbre dans mon cœur, leur anniversaire.
A ma Melelinga [Mélanie], mon soleil de printemps, ma princesse de la constellation du cygne, à elle que j’aime tant, je veux te dire que je suis la maman la plus fière de cette terre (…). Et si je devais mourir aujourd’hui, je partirais satisfaite de la vie, en remerciant Dieu pour mes enfants. Je suis heureuse pour ton master à New York. C’est exactement ce que je t’aurais conseillé. Mais attention, il est très important que tu fasses ton DOCTORAT. Dans le monde actuel, même pour respirer, il faut des lettres de soutien (...). Je ne vais pas même me fatiguer à insister auprès de Loli [Lorenzo] et Méla qu’ils n’abandonnent pas avant d’avoir leur doctorat. J’aimerais que Méla me le promette.
(...) Mélanie, je t’ai toujours dit que tu étais la meilleure, bien meilleure que moi, une sorte de meilleure version de ce que j’aurais voulu être. C’est pourquoi, avec l’expérience que j’ai accumulé dans ma vie et dans la perspective que donne le monde vu à distance, je te demande, mon amour, que tu te prépares à arriver au sommet.
A mon Lorenzo, mon Loli Pop, mon ange de lumière, mon roi des eaux bleues, mon chief musician qui me chante et m’enchante, au maître de mon coeur, je veux dire que depuis qu’il est né jusqu’à aujourd’hui, il a été ma source de joies. Tout ce qui vient de lui est du baume pour mon coeur, tout me réconforte, tout m’apaise, tout me donne plaisir et placidité (...). J’ai enfin pu entendre sa voix, plusieurs fois cette année. J’en ai tremblé d’émotion. C’est mon Loli, la voix de mon enfant, mais il y a déjà un autre homme sur cette voix d’enfant. Un enrouement d’homme-homme, comme celle de mon papa (…). L’autre jour, j’ai découpé une photo dans un journal arrivé par hasard. C’est une propagande pour un parfum de Carolina Herrera « 212 Sexy men ». On y voit un jeune homme et je me suis dit : mon Lorenzo doit être comme ça. Et je l’ai gardé.
La vie est devant eux, qu’ils cherchent à arriver le plus haut. Etudier est grandir : non seulement par ce qu’on apprend intellectuellement, mais aussi par l’expérience humaine, les proches qui alimentent émotionnellement pour avoir chaque jour un plus grand contrôle sur soi, et spirituellement pour modeler un plus grand caractère de service d’autrui, où l’ego se réduit à su plus minime expression et où on grandit en humilité et force morale. L’un va avec l’autre. C’est cela vivre, grandir pour servir (…).

A mon Sébastien [fils du premier mariage de Fabrice Delloye], mon petit prince des voyages astraux et ancestraux. J’ai tant à te dire ! Premièrement, que je ne veux pas partir de ce monde sans qu’il n’ait la connaissance, la certitude et la confirmation que ce ne sont pas deux, mais trois enfants d’âme, que j’ai (…). Mais avec lui, je devrais dénouer des années de silence qui me pèsent trop depuis la prise d’otage. J’ai décidé que ma couleur favorite était le bleu de ses yeux (…). Si je venais à ne pas sortir d’ici, je te l’écris pour que tu le gardes dans ton âme, mon Babon adoré, et pour que tu comprennes, ce que j’ai compris quand ton frère et ta sœur sont nés : je t’ai toujours aimé comme le fils que tu es et que Dieu m’a donné. Le reste ne sont que des formalités.
(…) Je sais que Fab a beaucoup souffert à cause de moi. Mais que sa souffrance soit soulagée en sachant qu’il a été la source de paix pour moi. (…) Dis à Fab que sur lui, je m’appuis, sur ses épaules, je pleure, qu’il est mon soutien pour continuer à sourire de tristesse, que son amour me rend forte. Parce qu’il fait face aux nécessités de mes enfants, je peux cesser de respirer sans que la vie ne me fasse tant mal. (…)
A mon Astrica, tant de choses que je ne sais par où commencer. Tout d’abord, lui dire que « sa feuille de vie » m’a sauvé pendant la première année de prise d’otage, pendant l’année de deuil de mon papa (…). J’ai besoin de parler avec elle de tous ces moments, de la prendre dans mes bras et de pleurer jusqu’à ce que se tarisse le puits de larmes que j’ai dans mon cœur. Dans tout ce que je fais dans la journée, elle est en référence. Je pense toujours, « ça, je le faisais avec Astrid quand nous étions enfants » ou « ça, Astrid le faisait mieux que moi ». (…) Je l’ai entendu plusieurs fois à la radio. Je ressens beaucoup d’admiration pour son expression impeccable, pour la qualité de sa réflexion, pour la domination de ses émotions, pour l’élégance de ses sentiments. Je l’entends et je pense « Je veux être comme ça » (…). Je m’imagine comment vont Anastasia et Stanis. Combien cela m’a fait mal qu’ils me prennent leurs dessins. Le poème d’Anastasia disait « par un tour du sort, par un tour de magie ou par un tour de Dieu, en trois années ou trois jours, tu seras de retour parmi nous ». Le dessin de Stanis était un sauvetage en hélicoptère, moi endormie et lui en sauveur.
Mamita, il y a tant de personnes que je veux remercier de se souvenir de nous, de ne pas nous avoir abandonné. Pendant longtemps, nous avons été comme les lépreux qui enlaidissaient le bal. Nous, les séquestrés, ne sommes pas une thème « politiquement correct », cela sonne mieux de dire qu’il faut être fort face à la guérilla même s’il faut sacrifier des vies humaines. Face à cela, le silence. Seul le temps peut ouvrir les consciences et élever les esprits. Je pense à la grandeur des Etats-Unis, par exemple. Cette grandeur n’est pas le fruit de la richesse en terres, matières premières, etc, mais plutôt le fruit de la grandeur d’âme des leaders qui ont modelé la Nation. Quand Lincoln a défendu le droit à la vie et à la liberté des esclaves noirs en Amérique, il a aussi affronté beaucoup de Floridas et Praderas [municipalités demandées par les FARC pour la zone démilitarisée]. Beaucoup d’intérêts économiques et politiques qui considéraient être supérieurs à la vie et à la liberté d’une poignée de noirs. Mais Lincoln a gagné et il reste imprimé sur le collectif de cette nation, la priorité de la vie de l’être humain sur quelque autre type d’intérêt.
En Colombie, nous devons encore penser à notre origine, à qui nous sommes et où nous voulons aller. Moi, j’aspire à ce qu’un jour, nous ayons la soif de grandeur qui fait surgir les peuples du néant pour atteindre le soleil. Quand nous ne serons inconditionnels face à la défense de la vie et de la liberté des nôtres, c’est-à-dire, quand nous serons moins individualistes et plus solidaires, moins indifférents et plus engagés, moins intolérants et plus compatissants. Alors, ce jour-là, nous serons la grande nation que nous voulons tous être. Cette grandeur est là endormie dans les cœurs. Mais les cœurs se sont endurcis et pèsent tant qu’ils ne nous permettent pas des sentiments élevés.
Mais il y a beaucoup de personnes que je voudrais remercier car ils ont contribué à réveiller les esprits et à faire grandir la Colombie. Je ne peux pas tous les mentionner [elle cite alors l’ex président Lopez et « en général, tous les ex présidents libéraux », Hernan Echevarria, les familles des députés du Valle, Monseigneur Castro et le Père Echeverri].
Mamita, hélas, ils viennent demander les lettres. Je ne vais pas pouvoir écrire tout ce que je veux. A Piedad et à Chavez, toute, toute mon affection et mon admiration. Nos vies sont là, dans leur cœur, que je sais grand et valeureux. [elle dédie alors un paragraphe de remerciements à Chavez, Alvaro Leyva, Lucho Garzon [ancien maire de Bogota] et Gustavo Petro, puis mentionne des journalistes].
Mon cœur appartient aussi à la France (…). Quand la nuit était la plus obscure, la France a été le phare. Quand il était mal vu de demander notre liberté, la France ne s’est pas tue. Quand ils ont accusé nos familles de faire du mal à la Colombie, la France les a soutenu et consolé.
Je ne pourrais pas croire qu’il est possible de se libérer un jour d’ici, si je ne connaissais pas l’histoire de la France et de son peuple. J’ai demandé à Dieu qu’il me recouvre de la même force que celle avec laquelle la France a su supporter l’adversité, pour me sentir plus digne d’être comptée parmi ses enfants. J’aime la France de toute mon âme, les voix de mon être cherchent à se nourrir des composants de son caractère national, elle qui cherche toujours à se guider par principes et non par intérêts. J’aime la France avec mon cœur, car j’admire la capacité de mobilisation d’un peuple qui, comme disait Camus, sait que vivre, c’est s’engager. (…) Toutes ces années ont été terribles mais je ne crois pas que je pourrais être encore vivante sans l’engagement qu’ils nous ont apporté à nous tous qui ici, vivons comme des morts.
(...) Je sais que ce que nous vivons est plein d’inconnues, mais l’histoire a ses temps propres de maturation et le président Sarkozy est sur le Méridien de l’Histoire. Avec le président Chavez, le président Bush et la solidarité de tout le continent, nous pourrions assister à un miracle.

Durant plusieurs années, j’ai pensé que tant que j’étais vivante, tant que je continuerai à respirer, je dois continuer à héberger l’espoir. Je n’ai plus les mêmes forces, cela m’est très difficile de continuer à croire, mais je voudrais qu’ils ressentent que ce qu’ils ont faire pour nous, fait la différence. Nous nous sommes sentis des êtres humains (...).
Mamita, j’aurais plus de choses à dire. T’expliquer que cela fait longtemps que je n’ai pas de nouvelles de Clara et de son bébé (…). Bon, Mamita, que Dieu nous vienne en aide, nous guide, nous donne la patience et nous recouvre. Pour toujours et à jamais."

 

http://www.politique.net/2007052802-comment-sauver-ingrid-betancourt.htm 

http://www.betancourt.info/indexFr.htm 

 


INGRID BETANCOURT 2000 JOURS

Renaud engagé — Par deserteur39 @ 11:57

RENAUD PUB CENSURE ANTICORRIDA

Renaud engagé — Par deserteur39 @ 17:45

Paris, le 30 juillet 2007

A l’attention de Monsieur Jean-Pierre TEYSSIER

Président du BVP

Monsieur le Président, 

Je suis fort étonné d’apprendre que le Bureau de Vérification de la Publicité refusait de donner un avis favorable à la diffusion d’un Spot publicitaire contre la corrida réalisé conjointement par la SPA, le CRAC et la FLAC. 

La SPA, associée à ces deux associations, s’est beaucoup investie pour dénoncer la cruauté tauromachique : un animal qui se fait torturer, 15 minutes durant, devant un public venu payer pour assister à un massacre. Vous comprendrez aisément que la SPA ne peut tolérer l’existence de ces « spectacles » qui font appel aux plus bas instincts de l’homme.  

A trois reprises, nous avons souhaité modifier le spot pour avoir l’accord de le diffuser et avons ainsi fait preuve de bonne volonté pour voir ce projet qui nous tient à cœur aboutir.

A trois reprises, vous avez refusé de donner un avis favorable. Je suis très en colère et ignorais que le BVP pratiquait une censure aussi scandaleuse. Nous souhaitons dénoncer la souffrance infligée à un animal, la persistance de cette tradition intolérable dans un pays moderne, la nécessaire prise en compte de l’intérêt supérieur de l’animal face aux traditions archaïques ! 

Plusieurs chaines de télévision diffusent à l’heure actuelle des images de corrida, des images de sang, de souffrance, de violence sans que les instances télévisuelles ne s’en offusquent… Pourquoi est-il aujourd’hui impossible en France de diffuser un spot dénonçant ce que 75% des Français considèrent purement et simplement comme de la cruauté ? Parce que le BVP protège les intérêts du monde taurin, celui-là même qui refuse de concevoir la souffrance de l’animal et qui prône sans cesse l’excuse délirante de la tradition et de la beauté du spectacle pour justifier l’injustifiable ! On ne saurait qualifier d’art ce qui engendre Souffrance et Mort…Oui le taureau souffre et personne ne saurait le lui dénier. 

Président du BVP, vous avez, au-delà de votre conscience professionnelle, le devoir d’imposer une éthique dans le monde publicitaire. Vous ne devez pas balayer d’un revers de main ceux qui tentent de dénoncer la pratique de la tauromachie ! Une tribune doit leur être accordée et je vous demande d’accepter la diffusion de ce Spot.

Ne vous laissez pas aller à une censure publicitaire qui présenterait la corrida comme un sport national artistique.

De mon côté, avec la SPA, le CRAC et la FLAC, je continuerai à me battre contre la corrida. J’attends du gouvernement un geste fort : l’abolition de la corrida en France !

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’assurance de ma considération distinguée.

Renaud

 

 


 
LIENS SUR LES AUTRES EXPLICATIONS ET VIDEOS 

PONDICHERY

Renaud engagé — Par deserteur39 @ 13:39
C’est bien à l'eau potable qu'on lave nos bagnoles
Qu’on nettoie nos salades, nos chiens, nos culs, nos grolles
Et l'eau potable encore coule dans nos toilettes
Irrigue nos récoltes et nous lave la tête.

Elle arrose nos fleurs, nos pelouses, nos parterres,
Nos lessives ont l'odeur d'une eau limpide et claire
Elle coule en abondance aux fontaines wallace
Et laisse à ma conscience comme un goût dégueulasse, comme un goût dégueulasse

Car à Pondichéry les enfants sont crasseux
Boivent à l'eau croupie d'un marigot pour boeufs
Et parce qu'en Somalie des femmes meurent chaque jour
A tirer l'eau d'un puit asséché pour toujours, asséché pour toujours

Combien dépensons nous dans nos contrés prospères
Pour nourrir nos toutous, compagnons de misère
Pour offrir à nos chat leur plus belle litière
Les gaver de foie gras en barquettes légères

Le prix d'un toilettage, vaccin, vétérinaire
Nourrirai le village d'une tribu berbère
J’aime aussi ces bestioles pas jusqu'au fanatisme
Et parfois me révolte devant tant d'égoïsme, devant tant d'égoïsme

Car à Pondichéry l'enfant dors dans la rue
La décharge est pour lui quand les chiens sont repus
Et parce qu'en Somalie l'âne reçoit des coups
Même s'il sauve des vies, en trimant plus que nous, en trimant plus que nous

Combien de cris, de plaintes dans nos pays nantis
Pour la moindre des atteintes à notre train de vie
Travailler toujours moins, toujours plus posséder
C'est le credo communs du bourge à l'ouvrier

Marxisme et capital corollaire l'un de l'autre
C’est la même lutte finale nos gueules avant les vôtres
Seillière ou Laguiller tous pauvres pour la seconde
Que des riches pour le premier et quoi pour le tiers monde, et quoi pour le tiers monde

Car à Pondichéry l'urgence c'est de vivre
Le confort ou l'ennui ne sont que dans les livres
Et parce qu'en somalie la liberté se gagne
Lorsque tombe la pluie sur le désert infâme

Car à Pondichéry ils ignorent ma chanson
Qui avoue nos folies et demande pardon
Et parce qu'en Somalie ou les mots ne peuvent rien
La misère et l'oubli n'aurons jamais de fin, n'aurons jamais de fin.
 
Renaud SECHAN
 

Monsieur Renaud a chassé “le Renard”

Renaud engagé — Par deserteur39 @ 14:23

Monsieur Renaud a chassé “le Renard”

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 Les coups de gueule sont toujours là, les colères et l’émotion toujours à fleur de peau… Mais Mister Renard a définitivement laissé la place à un artiste bien dans ses pompes, chaleureux. Son dernier album et le succès de sa dernière tournée en témoigne. Rencontre, lors de son concert à Epernay, avec Monsieur Renaud.

Il est 18 h 40. Le ciel noircit à toute allure au-dessus du Millésium, la grande salle de concert d’Epernay (Marne). L’orage gronde quand Renaud arrive de Paris avec ses musiciens. Salue chacun des techniciens qui ont monté la scène, les gars du son et des lumières, serre la pince des cuistots qui nourrissent tout ce petit monde en coulisses. Même le policier qui a ouvert la route à la voiture de Renaud a droit à son bonjour. Plus tard, Renaud acceptera aussi de lui faire une dédicace sympa sur l’album que le fonctionnaire lui fera parvenir. « D’habitude, je suis pas trop flic… Mais lui a une bonne tête ». Il s’excuse aussi des dix minutes de retard pris sur la route pour le rendez-vous qu’il nous avait fixé : « Désolé les gars mais c’est pas moi qui conduit. Ce n’est pas grave, on prendra le temps qu’il faudra ». Promesse tenue. Et largement. Près de trois quarts d’heure en tête à tête dans la loge et une liberté totale de circuler en coulisses et dans les loges avant, pendant et après le concert. Renaud, c’est vraiment la classe.
Vous n’avez jamais autant écrit de chansons d’amour que dans votre dernier album, Rouge sang (Virgin-EMI), un album d’architecture “Romane” disent certains…
« Vous trouvez ? C’est un double album de vingt-six chansons, car il y en a deux en bonus avec le système opendisc internet du CD, et sur vingt-six titres il y en a quoi ? Cinq ou six qui parlent d’amour. Je crois que je suis dans ma moyenne habituelle même si, vous avez raison, j’ai un nouvel amour que j’avais très envie de chanter, “de manière excessive voir redondante” comme me dit ma fille. Et même si c’est plus qu’il n’en faut, elles sont toutes différentes. Et puis j’ai eu l’expérience d’un amour que je croyais éternel… Je croyais que l’amour éternel existait… Il existe peut-être mais pas pour moi, pas pour cette histoire-là… Bref, cette fois-ci, je me suis dit qu’il fallait les faire tout de suite au cas où ! »
Vous avez trouvé le juste équilibre entre les nouvelles et les anciennes chansons, vous arrivez à contenter tous les spectateurs ?
« Ce n’est pas facile de satisfaire les amateurs de tubes, ceux qui veulent retrouver leur jeunesse, ceux qui ont envie des chansons des années quatre-vingt-dix, ceux qui viennent réécouter la bande-son de leur vie - comme l’ont écrit certains de vos confrères - et moi qui ai très envie que mes dernières chansons, mes derniers bébés, vivent sur scène. Je crois avoir trouvé le tour de chant idéal. Mais du coup, il dure plus de trois heures ».
Et vous faites un nombre impressionnant de rappels comme lors de votre concert de Nancy en avril…
« Je vous rassure, il y en a certains de prévu, trois en général. Ca m’est arrivé d’en faire plus. Moins aussi d’ailleurs. Je suis parfois tombé sur des salles que j’ai crues à tort ou à raison plus froide. Et j’étais énervé d’avoir des paparazzi dans la salle qui me mitraillent avec leur portable, qui téléphonent au frangin pour lui faire écouter un bout de chanson et frimer. Ils se font des souvenirs numériques plutôt que de s’en faire dans les yeux, la tête, le coeur. Bref parfois ça m’énerve et je punis en ne faisant pas un des deux medleys. Et bien sûr, dès le concert fini, je le regrette immédiatement ».
Vous n’avez toujours pas osé chanter votre toute première chanson Crève, salope sur scène ? Même un bout dans un rappel ?
« Toujours pas… Elle faisait de la peine à mon père… Je n’ai pas envie de la chanter, ce n’était pas vraiment une bonne chanson. Dans certains concerts un peu délire, il m’est arrivé d’en reprendre un ou deux couplets. Pas plus ».
Le premier titre du concert est Malone, la chanson écrite pour votre fils. Il s’est imposé naturellement ?
« C’est un hymne à la vie, au présent, au futur. Dès que j’ai entendu la mélodie, dès que j’ai entendu l’enregistrement, j’ai su que ce serait celui qui débuterait le concert ».
Vous chanter aussi Elsa, un titre particulièrement émouvant?
« J’ai beaucoup de mal à la chanter sans chialer… Si je me laissais aller, je ne pourrais pas. Elsa, je l’ai rencontré quand elle avait 8 ans. Elle était venue avec son école m’interviewer : ils m’avaient tous amené des dessins, des trucs de mômes, sympas… C’est la seule qui m’a demandé mon adresse pour m’écrire. Elle m’a envoyé de longues lettres magnifiques, sans une faute d’orthographe… Quand on voit comment certains écrivent aujourd’hui… Elle n’est pas fille de bourgeois, elle habite près de chez vous, en Lorraine, à Allamps. C’est un village pas loin de Toul je crois. Elle a eu la chance d’avoir de bons instituteurs, de bons parents qui lui ont fait une belle éducation. Elle a continué à m’écrire et je lui répondais. Je l’ai revu deux ans plus tard sur une tournée, et sur une autre encore. On s’est régulièrement revu, écrit… A la suite d’un faits divers en banlieue parisienne - deux gamines s’étaient suicidées en sautant du haut d’une tour - j’avais commencé à écrire une chanson sur le suicide des ados. Un sujet qui me bouleverse. Et deux jours après que j’ai commencé à écrire, j’apprends le suicide de son grand frère de 20 ans… Un petit gars bien, doué, beau, intelligent… Forcément, ça me touche encore plus… J’aime bien les chansons de mon répertoire où il y a de l’empathie. Elsa sera d’ailleurs là avec sa famille à Amnéville. Je crois qu’on est devenu un peu plus que des connaissances, j’espère qu’elle me considère comme un ami. Faudra que je me contrôle pour ne pas chialer. Faudra que je me dise qu’Elsa, c’est aussi une chanson d’amour ».
En plus de vos combats pour Leonard Peltier ou Ingrid Bettancourt, vous vous battez aussi pour l’environnement. Renaud cède à la mode ?
« Pas vraiment. Je suis proche de Greenpeace depuis 1982 et les seuls politiciens en qui j’ai confiance, ce sont ceux qui se soucient de l’avenir de nos enfants, de la planète avant les problèmes financiers. Nos petits problèmes franco-français sont dérisoires face à la déforestation, les rivières polluées, la mer dégueulasse, le réchauffement climatique, la banquise qui fond… Alors que l’agriculture biologique peut nourrir la planète entière, on continue à produire des merdes au kilo qui n’ont pas de goût, pleins d’OGM, mauvais pour la santé et qui polluent beaucoup. Le combat pour l’environnement, c’est le combat le plus essentiel. C’est pour ça que j’ai toujours soutenu les Verts depuis 15 ans, que je lutte contre l?horreur tauromachique. Je défends le vivant : l’être humain, les enfants, l’animal, le végétal. On fait partie d’un tout ».
Joan Baez a récemment repris Manhattan-Kaboul…
« Ma soeur était dans la salle à Paris quand elle l’a fait pour la première fois. Elle me l’a dit aussitôt. Elle chante aussi Dans la jungle pour Ingrid Bettancourt. A 15 ans, j’avais son poster dans ma chambre et aujourd’hui, cette reine de la folk song, de la protest song reprend deux de mes titres. C’est clair, c’est une sorte de consécration ».
Vous avez Arrêter la clope ?
« Presque. J’essaye. En parlant de clopes, j’aime bien les petits rebelles qui trouvent “dégueulasses qu’on entrave leur liberté individuelle en les empêchant de fumer dans les lieux publics”. Vous avez déjà entendu ça, non ? J’adore quand il balance : “Et ma liberté merde !” Ils revendiquent la liberté alors que la clope c’est un esclavage ».
 Propos recueillis par Emmanuel Humbert
 Photos de Fred Lecoq, RL


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