deserteur39

Renaud : un nouvel album pour l'amour de son fils... et de l'Irlande !

news — Par deserteur39 @ 00:39

Il y a 18 ans, il voulait "planter un oranger"... Dans quelques semaines, Renaud verra germer un nouvel album, comme enraciné dans la Ballade Nord-Irlandaise parue en 1991 sur l'album Marchand de Cailloux.

Si Rouge Sang, album militant de 2006 qui s'était écoulé à plus de 500 000 exemplaires (pas mal après le raz-de-marée Boucan d'enfer), incluait une chanson éponyme dédiée à Malone, le fils que son épouse et muse Romane Serda lui a donné le 14 juillet 2006, son successeur, intitulé Molly Malone, conjugue l'amour de Renaud pour son fils et pour les chansons traditionnelles irlandaises. Il est aussi toujours très présent pour sa fille Lolita qui vient d'épouser le chanteur talentueux Renan Luce .

Bercé de longue date par le doublon Hugues Aufray/Bob Dylan (entrepure folk et protest songs), on se souvient que Renaud avaitenregistré, en pleine Guerre du Golfe ("leur sale guerre"), l'album pacifiste Marchand de Cailloux en Irlande. C'est là qu'il est retourné pour Molly Malone, dont Le Parisien dévoile la genèse... irlandaise, donc, rappelant que docteur Renaud y avait effectué en 1997 une tournée discrète - "l'histoireraconte même que le patron d'un bar de Limeweck avait affiché sur savitrine : 'Ce soir, Renaud, troubadour politique franco-manouche' !"

""Au printemps 2008, relate le quotidien francilien, le'chanteur énervant' est donc parti en studio à Dublin avec dans sesvalises les adaptations en français, libres ou fidèles selon les cas,de vieux standards irlandais chantés en leur temps par les Chieftainsou les Dubliners. Il y a enregistré treize titres, dont 'Belfast Mill','Willie McBride', 'Adieu Rhondda' ou encore 'Johnston's Motor Car',avec des musiciens du cru dont Terry Woods, le guitariste historiquedes Pogues".

A découvrir le 23 novembre.


Le Gavroche de Meudon

Lolita — Par deserteur39 @ 07:56
  
À chaque fois qu’une année commence, les gens prennent un malin plaisir à nous souhaiter des choses qu’on ne souhaite pas. Du travail, par exemple, ou la santé. Alors que c’est si bon de se plaindre de nos petits bobos en se tournant les pouces. Cette année, j’ai eu droit à une quinzaine de “Et un bébé pour 2008!” Ce que ces gens bien intentionnés et légèrement conventionnels ne savent pas, c’est que j’ai déjà un bébé dans ma vie. Bon, ok, il a 55 ans et carbure à la 16, mais sa candeur et ses lubbies ont tout de celles d’un enfant de huit ans. Cet adulte à l’âme pré-pubère, c’est mon père. Pas simple! Heureusement, j’ai été entraînée dès le plus jeune âge à survivre à ses passions soudaines. “Survivre” est un terme un peu exagéré, vous trouvez? Peut-être… à vous de juger.

Je devais avoir quatre ans quand mon père a décidé d’avoir un chien. Comme ma mère aimait les animaux et que j’étais trop petite pour contester, on a eu un chien. Mais pas n’importe lequel. Je ne sais pas trop où il avait trouvé Pirate, sûrement dans une décharge, mais c’était l’animal le plus con du monde. Tellement con que je m’en souviens. Cette bête était un petit bâtard maigrichon, à peu près aussi laid qu’un Lévrier mélangé avec un Bobtail. L’activité favorite de Pirate était la mendicité dans les restaurants. Quand il avait finit de bouffer à toutes les tables, il vomissait son butin aux pieds de mes parents, puis remangeait son vomi et repartait faire sa ronde. À moi, qui rampais par terre, d’éviter les restes de galette.

Plus tard, peut-être afin de justifier le nom du chien, mon père a voulu devenir marin. Il a fait construire un bateau, s’est plongé dans “Comment survivre en mer quand il n’y a plus d’eau potable et qu’on a déjà mangé sa femme” et a kidnappé sa famille pour la traversée d’un océan quelconque. Sans jamais avoir pris la moindre leçon de navigation, bien sûr. On s’est donc retrouvés sur un voilier à coque noire, avec un gamin élevé au bitume de la porte d’Orléans pour capitaine. Hisse et ho ! Les jours s’écoulaient au rythme de mes nausées. Affalée sur le pont, régurgitant mon biberon sur un Pirate aussi malade que moi, je suppliais ma mère d’arrêter la mer. Mais ma maman n’étant pas exactement Poséidon, tangages et roulis ont continué leur danse. Je ne sais pas si cette “aventure” à cessé parce que le matelot qui voguait avec nous -un vieil alcoolique nommé Pays- avait balancé mon doudou dans l’océan pour cause de lapins imprimés dessus, ou parce que mon père avait failli jeter ma mère par dessus bord parce qu’elle l’avait battu au Trivial Poursuite : toujours était-il, cette escapade salée à cessé et le chien et l’enfant ont fuit comme des dératés vers la terre, loin du bateau infernal.

Ensuite, ça a été le Nego Chin. Mon père avait vu ces barques plates à L’Isle sur la Sorgue et s’était dit : “Pourquoi pas moi!” Si ces embarcations s’appellent “noie le chien”, ce n’est pas pour rien. Pour la beauté de l’histoire, j’aurais aimé dire que Pirate avait trouvé la mort sur cette planche casse-gueule supposée flotter, mais il était déjà mort depuis longtemps à cette époque. Un repas de trop, mendié dans un resto un peu louche, intoxication alimentaire, adios Pirate, on t’aimait bien, de loin. Donc, pas de chien sur cette galère, juste ma mère et moi à nouveau, avec mon père à la perche. Inutile de raconter le nombre de plongeons forcés qu’on s’est tapés dans l’eau glaciale de la Sorgue, le nombre de fois où on est ressorties les cheveux plein d’algues et de sangsues… Les femmes et les enfants d’abord ! Le Nego Chin, c’est pire que conduire un Véli’b en plein coma éthylique.

Je vous passe six mois à tenter de survivre au climat morose de Valenciennes parce que papa voulait descendre à la mine, les deux ans de piano avec une vieille folle qui puait des aisselles parce que papa rêvait que je joue du Rachmaninov mieux que Rachmaninov, les heures à essayer de comprendre ce que signifiait une tache blanche sur une fond blanc lorsque papa s’est passionné pour l’art contemporain, bref! vous l’avez compris, les passions de mon père sont dangereuses pour la santé. Tout ça pour en arriver à Meudon.

Et oui, la nouvelle lubie de ce papou un peu branque, c’est d’habiter à Meudon, et son Grand Argument c’est que Meudon n’est qu’à “treize minutes de la Tour Eiffel”. Tu parles d’un argument. Pourquoi la Tour Eiffel? Pourquoi pas aussi le parcmètres de la rue du chat qui pèche? À moins d’avoir un hélicoptère ou de faire du 120 au milieu de la nuit, impossible d’aller à Meudon en treize minutes. Encore un truc pour que je tue quelqu’un en scooter.

“Mais siii, treize minutes j’te dis, et pis y’a un jardin pour ton p’tit frère et des grands placards pour les fringues de ma femme.
-Ah ouais… et pour moi y’a quoi, à part quinze minute de Denfert à la Tour Eiffel et treize de la Tour à Meuuudon?
-Pour toi y’a ma colec’ de train électriques et des guitares achetées 15 euros sur e-bay. Comme ça tu pourras t’y mettre et jouer du John mieux que John!”

Comment, lui qui a grandi sur les trottoirs de Panam, qui a passé des heures dans les bistros Parisiens à refaire le monde dans un sens puis dans l’autre, sans oublier de l’arroser au passage, comment ce papou parisien jusqu’au bout de la cibiche peut émigrer à Meudon?! Et le pire c’est qu’il déteste cette ville! Il n’assume pas du tout d’avoir à dire qu’il vit là-bas. C’est sûr, ça fait prout-prout… Encore une longue traversée de l’océan en perspective ! Remarquez, c’est pas mal Meudon, c’est tellement mort que personne ne notera qu’il a tué sa femme si elle gagne au Trivial Poursuite.

Voila. Dans Wikipédia ils disent que Meudon est “célèbre pour sa tranquillité”, c’était avant que mon père y vive. Avec un peu de chance, et en comptant sur sa nature farfelue, il lui faudra trois mois pour chambouler la ville, adopter tous les chiens errants, créer un musée de la marine et du Négo Chin, organiser des concerts de musiciens amateurs qui ne jouent ni aussi bien que Rachmaninov ni aussi bien que John et surtout prendre la tête du bar du coin et passer des heures nostalgiques à penser à Paris, assis sur des banquettes en sky.

Avec un peu de chance surtout, ce bébé qu’on me souhaite pour 2008 attendra 2010 et sera aussi passionné, barjo et idéaliste que son grand-père.

Dès qu’il aura trois ans, je lui offrirai une trottinette pour qu’il aille voir son papy à Meudon : “Mais non gamin, c’est pas loin, à peine treize minutes de la Tour Eiffel, alors patine ! “
 
lolita séchan 

Philippe Geluck parle de Renaud

Hommage — Par deserteur39 @ 23:25


(avec l'aimable autorisation de l'auteur)

 

- Vous avez dédié votre dernier album, "L'affaire Le Chat", au chanteur Renaud...

"Renaud, c'est quelqu'un qui me manque, qui n'a pas fait de disque depuis 7 ans, qui traverse une période difficile. En fait, je ne le connaissais pas du tout. Mais depuis la sortie de l'album, on s'est vus et on va se revoir. Je suis absolument fan de lui. Il m'a dit que lui l'était de moi, et j'étais fou de joie." 
 

Extrait tiré d'une interview dans l'hebdo belge "Vlan Dimanche" n° 104 du 11.11.01
Propos recueillis par J.J. BRUNIN / Fréquence Wallonie - Photo Guido Marcon


Frédéric Dard parle de Renaud

Hommage — Par deserteur39 @ 23:22

 

Frédéric Dard

 

Préface du livre
Mistral gagnant

Ménestrel ou voyou ?
Graine d'anar ou titi de Paname ?
Ange à la figure sale ou démon au regard limpide ?

Qui es-tu, Renaud, mon fils ?

Tu ne veux pas le leur dire ?
Tu as raison ; ils ne sont pas dignes d'une telle confidence.
Laisse-les perplexer à ton sujet et continue ta route comme un grand que tu es.
Renaud, mon fils, Renaud réjouis-toi : tu as pour ennemi les vieux, les vrais, ceux qui n'ont jamais été jeunes.
Ils ont peur de toi parce qu'ils sentent confusément qui tu es pourri de talent.
Tu viens d'une autre planète que la leur : la planète Amour.
Eux sont à jamais enlisés dans la boue pestilentielle de la planète Terre à terre.
Ils t'en veulent abominablement d'oser parler une langue qu'ils ne comprendront jamais.

Ils ignorent, ils ignoreront toujours ce qu'est un pote, une bibine et des santiags, ces pauvres analphacons.
Ta poésie est trop évidente pour ne pas leur échapper.   Ils te nient ; ce qui te fait exister un peu plus.
Je leur parle de mon admiration pour toi, de ma tendresse pour toi, afin de les voir se décomposer.  Je les admire dans leur 
écœurement car là est leur vraie nature.

Alors, ils cloportent à outrance et s'étouffent dans des maudissures inaudibles.  J'écoute clapoter leur voix ; l'affreux bruit rend tes chansons plus mélodieuses encore !

Renaud, mon fils, réjouis-toi : tu as pour amis tous les jeunes de la terre, les vrais, ceux qui ne deviendront jamais vieux.

Ils t'aiment avec enthousiasme parce que tu es rayonnant de talent et auréolé de tendresse infinie.
Tu viens de la même planète qu'eux : la planète Fraternité.
Ils te sont, et te seront toujours, éperdument reconnaissants de faire le boulot de Verlaine avec des mots de bistrot.
Eux, savent ce qu'est un frangin, une mob et une gonzesse.
Ton talent les aide à exister.
Sous tes éclairages de fête foraine, leur banlieue devient presque jolie et leur destin moins dégueulasse.
Ils se reconnaissent en toi comme dans un miroir, Renaud, mon fils.
Putain, ce qu'ils sont beaux dans tes yeux !

San Antonio, 1986


 

Extrait d'émission.
Frédéric Dard sur R.T.L. le 22 août 1986


"Renaud, c'est une espèce de fils pour moi. Il a quelque chose de moi et ce que j'aime bien chez lui, c'est qu'il est arrivé au vedettariat (car c'est une vedette, Renaud) et il est resté timide. Moi j'aime bien qu'on soit timide. C'est les poètes qui sont timides. Et ça, ça me touche beaucoup"


San-Antonio n°121 
Bacchanale chez la mère Tatzi, 
Editions Fleuve Noir, 1985



"La cassette branchée par Thérésa est de Renaud. Un super-champion. Un infini pas con. Un incontestable. Le poète le plus poétisant de cette époque d'archimerde (sans principes). Le prince du pavé. La nostalgie arrivée à bon port. Un mord-con ! La noblesse de la timidité ! Brandisseur de glaves ! Et si frileux de l'âme, je le sens bien, que je l'emmitoufle de ma tendresse ! Renaud chante le gitan, la zone, le couteau, le clébard, les lunettes retrouvées de son taulard... Salut, le gitan, salut le manouche... Salut, Renaud. Que les saigneurs soient loin de nous ! Trouverons-nous assez de mots pour y noyer tous les merdeux ? Chauffe, mon petit mec, chauffe ! C'est pour la dignité que tu égosilles, et ils n'en savent rien.
- Vous l'aimez ? demande Thérésa.
- Davantage encore ! "


Dany parle de Renaud

Hommage — Par deserteur39 @ 23:19


Chanteur qui s'est produit en off de la dernière tournée de Renaud dans le nord est de la France et en Belgique.
Retrouvez-le sur son site : http://www.multimania.com/danynet

Dany

J'ai été surpris d'apprendre "une guitare, un piano, et Renaud". Il n'y avait pas d'album de prévu, et il s'était déjà tapé une tournée de petites salles en 96, juste après les grandes de 95.
Je ne l'écoute plus depuis longtemps. Je n'ai pas accroché sur "Marchand de cailloux", certaines chansons sont inabouties. J'ai préféré "A la belle de mai", et surtout "Touche pas à ma soeur", entendu sur "Les introuvables", probablement Face B d'un deux titres, la meilleure chanson des années 90. 


La grande différence entre les 80 et les 90, c'est que j'étais spectateur, je suis devenu acteur. J'écris mes chansons, j'apporte modestement ma pierre, régionalement.
Dans le circuit chanson, on doit tous à Renaud. Il est incontournable, comme Souchon, Cabrel, Goldman.

Je me suis intéressé à lui à 13 ans. Mon père, mécanicien, travaillait sans arrêt. Pour lui, c'était une obligation, le boulot. Comme beaucoup de gens de sa génération, il a commencé à travailler à 14 ans. Naturellement, il essayait de m'y mettre. J'ai refusé son shéma de vie. Il était inconcevable que je me retrouve aux ordres du grand capital, que je perde ma vie à la gagner. "J'aime pas l'travail, la justice et l'armée" ( Où c'est qu'j'ai mis mon flingue?). Je me suis complètement retrouvé dans cet état d'esprit. Il y avait une part illogique dans le propos : on ne pouvait concevoir une société sans travail, pourtant cette poésie m'aspirait et je savais que, ma vie entière, j'allais combattre. Par défaut, j'ai choisi la chanson. Un peu comme Renaud, il me semble. J'appartiens à la génération Coluche, Telephone, SOS Racisme, Mitterand, etc...
Les années où les soixante-huitards ont pris le pouvoir et où, pour un temps, ils vont (essayer de) changer le monde. Renaud est alors le Gavroche du misérable show business. Même s'il est le plus gros vendeur de disques, tout le monde apprécie sa discrétion, nos parents reconnaissent volontiers que ce type, qui parle et s'habille bizarre, est sympa. 


A partir de 86, tout dégringole. Coluche meurt, Renaud quitte (presque) définitivement les plateaux de télés, le mur de Berlin s'effondre avec le communisme, et les années 90 s'ouvrent avec la guerre du golfe.
Je croyais que Renaud allait davantage se manifester devant des évènements aussi dramatiques, mais il était "fatigué". Il avait, certes, financé en grande partie le contre bicentenaire. Il intervenait aussi dans L'Idiot International version Edern Hallier pour une nouvelle version du déserteur anti guerre du golfe. Mais il se faisait discret. Petit à petit, il a décroché d'une époque créative, d'espoir.


La première fois que je l'ai rencontré, c'était pour Germinable. Il était venu au cinéma Gaumont, à Metz, présenter ce film "grandiose" avec Berry. Dans la salle, une trentaine de personnes seulement. Ca fait bizarre de parler à Renaud. Il ne ponctue pas ses phrases par des "tsin-tsin-tsin", ça déstabilise. Quand c'est la première fois, vous êtes forcément ému, ça l'énerve. C'est qu'il est modeste et timide, le bonhomme. Si vous lui rappellez qu'il est une idole, ça l'emmerde.
J'ai lu toutes ses chroniques dans Charlie Hebdo. J'ai compris qu'il était un autre, qu'il tournait le dos aux 70, 80. J'ai dû à peine écouter une fois les albums de Renaud le loubard. Celui que j'aimais, moi, c'était le Renaud père de famille-citoyen du monde. Pas forcément le lycéen de 68 qui arrive chez Drucker en mobylette. Les anciens fans, 40 balais aujourd'hui, lui reprochent de s'être embourgeoisé, probablement autant qu'eux !
Le seul reproche que j'ai à lui faire, c'est une pub pour une bière, même s'il a reversé son cachet à un musée. Sa poésie au service de l'alcool et des multinationales, c'est pas terrible.


Le troisième Renaud, c'est un viel anar à la Cavanna. Il occupe l'instant, il a 100 ans.
Pour sa tournée "Une guitare, un piano, et Renaud", j'ai choisi de jouer devant la salle. Cette tournée ne s'arrête plus, j'ai joué plus de 30 fois dans le Nord-Est, Belgique. Je suis étonné de ce succès. Je n'ai pas l'impression que Renaud puisse durer; qui pourrait conseiller à des mômes de 15 ans "Miss Maguy" ou "Trivial poursuite" ? Ces chansons sont lourdes de sens sur l'instant, mais n'ont plus aucune légitimité 15 ans plus tard.


Pourtant, Renaud remplit partout. Et avec une désinvolture extraordinaire! Jean Luc Lahaye, Jeanne Mas, qui étaient également gros vendeurs dans les années 80, mettent 10 ans aujourd'hui avant de jouer devant autant de monde !

Chaque jour, j'installe mes disques à vendre dans mon étui de guitare ouvert. Le public de Renaud est en général enthousiaste. D'une part il reconnait l'influence de leur idole dans mes chansons, d'autre part ils me disent que "lui a commencé comme ça !" Je le vois arriver, avec son guitariste et son pianiste vers 16 heures. Une dizaine de fans l'attendent, il n'est guère causant avec eux. C'est qu'il en a marre. Imaginez vous tous les jours sollicités par des gens qui vous tapent dans le dos parce qu'ils vous aiment depuis toujours. Si vous ne les connaissez pas, c'est perturbant. Cependant, on s'y habitue, probablement.

J'attends, comme tout le monde, la suite. 
Je ne suis pas convaincu par "Elle a vu le loup", mélange entre "Le petit chat est mort" et "Mon amoureux", tout juste une face B.
Mais ça fait tellement longtemps, que je vais forcément l'aimer, le prochain Renaud.
Mais ça fait tellement longtemps, que je vais toujours l'aimer, Renaud. 

Dany, mercredi 10 janvier 2001 
 


Sardou parle de Renaud

Hommage — Par deserteur39 @ 23:17

"...On est dans le même monde. On a simplement une vision différente. Moi, je suis pessimiste. Lui, il est désespéré. Et ce qui est extraordinaire, c'est que, sur scène, il fait le guignol entre deux crises de déprime. Il est le seul à faire ça ! ... Renaud est beaucoup plus redoutable pour "L'Humanité" que moi ! Les journalistes de «L'Humanité» feraient mieux de venir dans mes galas à moi. Chez moi, il y a Lénine qui passe très vite, mais c'est beaucoup moins près de la vérité que ce qu'il dit, lui."

 

Michel Sardou parle de Renaud à Marc Robine et Olivier Cachin. 1988 


Renaud des Gavroches

Dessin renaud — Par deserteur39 @ 10:14

 

Le nouveau bouquin de mon pote Marc large, cette homme met sa passion pour le dessin dans un ouvrage sur renaud dont les extraits vous mettent l'eau à la bouche...

 

http://www.marclarge.com/ 

 

 

Préface de Christian Laborde

Dans le bus, durant la tournée Rouge sang, Renaud me disait qu’il aimait la façon dont Marc Large le croque. Moi aussi, j’aime voir la gueule de l’auteur d’Elsa émerger du papier blanc que Marc Large pose devant lui, puis scrute en tirant sur sa clope maigre avant de laisser sa main faire le boulot. Marc est un homme de main. Esquisser, dessiner, c’est confier à sa main ce que l’on a sous la tignasse, dans les tiroirs du rêve, derrière l’os du front.

Dans le bus, Renaud me parle de Marco, tandis que les musiciens regardent une video des Beatles. Faut les voir, les musicos à Renaud devant les Beatles : émerveillés, de parfaits mômes. Si Marco avait été avec nous, dans le bus, il les aurait dessinés en santiags et babygros, Titi and C°, la sucette dans la bouche. Et « la morve au nez » pour faire un clin d’œil à Renaud, au Sirop de la rue, chanson superbe.

Marco s’appelle Large. C’est un nom de marin, de voyageur, le nom d’un mec qui, avec ou sans voile, mais toujours muni d’un pinceau, prend le large. Et le large, le grand large, c’est ce qu’il nous offre quand il croque la ronde échine d’un ours, le pétale d’une jonquille aussi fin que le coton mercerisé de la culotte d’une meuf, ou les lichens qui, au Pays basque, se disputent la crête d’un rocher.

Mais ce qu’il aime tout particulièrement dessiner, le mec Marco, c’est la tronche de Renaud Séchan, chanteur né de l’accouplement, derrière la grange d’un renard et d’une fouine. Il peut prendre du poids, bouffer des pâtes, s’arrondir à mort, prendre les pire joues, il aura toujours le front d’un renard et le museau d’une fouine, Renaud. Le renard a une place de choix dans la littérature : c’est une star. Il serait temps de louer la fouine qui s’adapte à tous les terrains et fait son miel de tout ce qu’elle trouve. Comme Renaud qui va chercher les mots dans la rue, les parkings, les bistrots, et fout le bordel dans le poulailler social.

De Renaud Marco croque tout : le pull rayé, les poils de barbe, la clope, la fumée dans laquelle il se planque, les trottoirs qu’il longe, le Paris qu’il trimbale avec ses bals, ses bastons, ce Tout-Paname qui est le contraire du Tout-Paris. De Renaud il peint également la cravate, les santiags et, Dieu merci, laisse au vestiaire la veste rouge et pourave que Renaud enfila, un temps, avant d’entrer sur scène. Il saisit aussi, avec son crayon sans laisse, la gueule des maîtres et des potes de Renaud : Brassens, Coluche, Bruce Springsteen. Il y a même Tonton que Renaud persiste à prendre pour un type de gauche. C’est un naïf Renaud. Mais cette naïveté, qu’il partage avec l’eau, lui a permis d’écrire la merveilleuse chanson Baltique. De Tonton ne restera sans doute que ce blues à museau…

Les dessins de Marco se glissent ici entre les paragraphes de Nicolas Traparic. Traparic, Traparic : il est un peu louche, ce patronyme, un peu pas français. Monsieur Boutefeux, c’est sûr, l’a dans le collimateur. Il doit avoir une sacrée putain de fiche dans Edvige, le Traparic. Il me parle, ce nom couvert de sons de la tête aux pieds. On dirait celui d’un demi de mêlée. Traparic joue, mais avec les mots, les sons et, ce faisant, rejoint illico swingo le territoire sans frontières de l’enfance. Pas étonnant qu’il aime Renaud car, Renaud, c’est « le sirop de la rue », l’enfance dans la main, et le poing dans la gueule, Doisneau et Gavroche. Il sait lancer des pavés dans la vitrine des Versaillais. Il a une sacrée caboche, le braillard de la porte d’Orléans. Mais c’est lorsqu’il chante la Sorgue, lorsqu’il regarde les Pyrénées, lorsqu’il écoute une chanson de Dylan qu’il est le plus un « gamin de Paris ».

Christian Laborde

 

 

 

 


Ma collection à moi que j'ai sur RENAUD : VUE LARGE POSTER VINYLS...

Chez moi — Par deserteur39 @ 16:42


Ma collection à moi que j'ai sur RENAUD : TATATSSIN PAROLE DE RENAUD

Chez moi — Par deserteur39 @ 16:39

TATATSSIN PAROLE DE RENAUD

 A côté des grands chanteurs qui occupent notre mémoire musicale (Georges Brassens, Jacques Brel, Léo Ferré), Renaud est le seul qui pourrait s'asseoir à leurs côtés. C'est ce qu'affirme Baptiste Vignol, savant connaisseur de la chanson française, dans cet essai sans complaisance. Il explore finement un univers artistique atypique et revient sur le rapport complexe du chanteur avec les médias. En décortiquant son œuvre et ses influences, l'auteur offre ici un portrait tout en nuances de Renaud.


Ma collection à moi que j'ai sur RENAUD : RENAUD

Chez moi — Par deserteur39 @ 16:38

RENAUD

 

Trente années de carrière, plus de douze millions de disques vendus, des chansons toujours vivantes dans la mémoire collective, des textes inoubliables : " Hexagone ", " Laisse béton ", " Dans mon HLM ", " Miss Maggie ", " Mistra gagnant ", ou encore " En cloque ", " Morgane de toi ", " Dès que le vent soufflera "... Depuis ses premières chansons, écrites sur les bancs de la Sorbonne occupée, dans l'effervescence de Mai 68, Renaud a su garder une étonnante liberté de ton et de pensée. Autoproclamé " chanteur énervant ", il chante l'amour avec une tendresse inouïe, et la bêtise avec une drôlerie assassine. Plus que jamais " rebelle, vivant et debout " Renaud semble aujourd'hui renaître des cendres de Mister Renard. Une belle occasion de saluer le parcours exceptionnel d'un artiste qui a réussi, selon la formule de Frédéric Dard, faire " le boulot de Verlaine avec les mots du bistrot "


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