Le chanteur Renaud vient défendre un monde sans "clopes" à l'OMS
GENÈVE (AFP), 17:06
© AFP
Renaud le 29 mai 2007 pour condamner le tabac à Genève
Le chanteur Renaud a défendu mardi la lutte contre le tabagisme en soutenant le lancement de la journée mondiale sans tabac de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
"Je suis fier et heureux d'avoir arrêté la clope, avec quelques rechutes", a déclaré d'une voix rauque le chanteur devant la presse à Genève.
L'OMS lui a remis le Certificat honorifique, une "distinction pour ses efforts dans la lutte antitabac par son combat personnel et médiatique".
En costume sombre et petite cravate, Renaud s'est décrit comme un nouvel "ayatollah antitabac".
Il y a environ un an, la lecture du livre "Le piège fatal" (soutenu par l'OMS - 320 p. Editions Jouvence), qu'il a qualifié de "bombe contre l'industrie du tabac" a convaincu Renaud.
Le chanteur rebelle affirme avoir "été manipulé par l'industrie du tabac" qu'il a qualifié "d'industrie criminelle". "Je suis un esclave et une victime de cette drogue dure", a-t-il insisté.
Désormais, l'artiste de 55 ans, qui se décrit comme un "toxicomane luttant contre sa toxicomanie" incite les jeunes à ne plus fumer. "J'essaye de ne plus être sur une photo avec une cigarette au bec", a-t-il indiqué.
En outre, il a récemment écrit une chanson antitabac, "Arrêter la clope", qu'il a interprétée mardi pour le personnel de l'OMS.
Renaud s'est lancé comme défi d'arrêter totalement de fumer d'ici deux ans. "Dans deux ans, je serai un homme libre", a-t-il lancé.
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donner moi vos avis d'experts...
TOURNEE. Docteur Renaud a définitivement pris le dessus sur Mister Renard. Rencontre avec un chanteur rescapé, en concert mardi soir à Genève.
Eric Mandel
Le Temps
Samedi 26 mai 2007
On le retrouve dans sa loge. Installé dans un canapé, bouteille d'eau minérale à la main et chemise blanche retroussée dévoilant un tatouage du Che sur son avant-bras droit. Il est 23 heures passées, au Havre, le 14 mars dernier. Renaud vient de conclure en beauté le concert de lancement de sa tournée, consécutive à la sortie de son album Rouge Sang (aujourd'hui écoulé à 600000 exemplaires). Pendant trois heures d'un concert marathon, Renaud Séchan revisite son répertoire, mélange de tendresse à fleur de peau («Mistral Gagnant») et de convictions balancées comme des uppercuts contre le Paris-Dakar («500 connards»), la connerie télévisuelle («La téloche»), le patriotisme («La médaille») ou la guerre («Morts les enfants»).
Forcément vidé, Renaud, parti sur les routes avec femme et enfant fait le point, avec la satisfaction du devoir accompli, tempérée par un sens aigu de l'autocritique. L'ex- «chanteur énervant» bougonne contre l'accueil réservé par le public à ses nouvelles chansons («carrément froid»), contre ses petits trous de mémoire ponctuels... Des broutilles. Sur le fond, sa prestation confirme l'impression née de l'écoute de son dernier album: Docteur Renaud a définitivement pris le dessus sur Mister Renard, son double maléfique et alcoolo inventé sur le disque Boucan d'enfer (2002). Interview à chaud...
- Heureux de retrouver la scène?
Renaud: Je me régale. J'avais une envie de remonter sur scène, de donner, de recevoir, de chanter ces chansons que j'aime comme «Elsa», «Les Cinq sens» ou «Nos Vieux», en hommage à mes parents, que j'ai mis vingt-cinq ans à écrire. A l'époque de Boucan d'enfer, je faisais semblant d'être heureux sur scène, mais j'étais encore addict au poison anisé, à la fée jaune. Voir tout l'amour du public me donnait un peu de baume au cœur, mais j'avais infiniment moins de plaisir qu'aujourd'hui.J'étais une épave au fond de La Closerie des Lilas (un célèbre café fréquenté par le Tout-Paris artistique, ndlr). Enfin, une épave... Avec mon pastis à 45 balles, ce n'était pas du Zola, j'étais plutôt une épave bobo.
- Vous pouvez nous détailler vos côtés bobo?
- Acheter des fringues avec Romane dans des magasins à la mode. Posséder une maison dans le Lubéron, une autre à Londres, me payer quatre mois de vacances par an, prendre l'Eurostar pour se faire un resto à Chelsea. Alors on m'intente perpétuellement le procès du «chanteur de gauche, anarchiste, anti-bourgeois qui vit dans le luxe». Mais j'assume. Et puis je n'étale pas ma richesse. Ma théorie, c'est: «Pour vivre heureux, vivons caché.»
- «Boucan d'enfer «était un album sur le deuil de l'amour. «Rouge Sang»célèbre la renaissance de l'amour...
- Oui et ça fait partie des reproches qu'on me fait: «Ouais, t'as réussi à nous émouvoir avec ton chagrin, maintenant tu vas essayer de nous émouvoir avec ton bonheur!» Mais j'ai aussi envie de chanter mon bonheur, par amour pour ma femme, par amour pour l'amour. Oui je suis impudique. J'en dis trop, je déblatère, je suis ainsi.
- De toute évidence votre voix se porte mieux...
- En tout cas j'ai une plus belle voix que lors de ma précédente tournée, en 2003. Je me souviens de cette soirée aux Victoires de la Musique, où ils m'ont décerné une «Victoire d'honneur» pour l'ensemble de ma carrière. Comme ils pensaient que j'allais bientôt mourir, ils ont préféré me filer cette récompense de mon vivant. De toute façon je n'ai jamais eu une belle voix, comme me l'a dit un jour un fan: «Tu ne chantes pas juste, tu ne chantes pas faux, mais tu chantes vrai.» Ma voix était abîmée depuis des années à cause du mode de vie, mais elle revit depuis que je ne fume plus.
- Vous dites ça, une cigarette au bec...
- C'est vrai, mais je ne fume plus sur scène. Trois heures sans clope, c'est déjà pas mal. Je suis devenu un farouche ayatollah antitabac et je ne veux pas que les jeunes s'identifient à moi.
- Vous commencez votre concert avec la chanson «Malone», dédiée à votre fiston né en juillet dernier...
- Oui, car il est mon présent, mon avenir, le soleil qui illumine ma vie aujourd'hui. Quand je la chantais en studio, je savais que j'ouvrirais mon nouveau spectacle avec cette chanson, malgré les railleries de mon pote Jean-Pierre Bucolo (son compositeur fétiche, ndlr) qui me disait «la musique, les paroles sont indignes pour ton fils, un type qui a écrit «Morgane de Toi» n'a pas le droit d'écrire ça pour son fils...».
- Sur scène, vous dites que cette tournée «Rouge Sang» pourrait être votre dernière tournée. Info ou intox?
- Cela fait vingt ans que chaque fois que j'arrive sur scène, j'annonce la fin de ma carrière. C'est une plaisanterie pour provoquer mon public, l'énerver et me rassurer sur l'amour qu'il me porte. Mais bon, c'est sûr que j'ai envie d'avoir d'autres enfants et que Romane ne compte pas passer sa vie sur les routes avec des mômes en bas âge. Mais quand je vois Hugues Aufray, qui à 77 ans donne encore des concerts, sans être une seconde ridicule... Je me dis que, peut-être, j'y serais encore dans vingt ans.
Renaud en concert: ma 29 mai à 20h, Arena, Genève; di 29 juillet, Paléo Festival, Nyon (complet); ve 14 sept, Festival Chant du Gros, Le Noirmont.
Renaud : foulard rouge, blouson de cuir, etc : Construction d'un personnage social (1975-1996) (Broché)
de Régis Chevandier (Auteur), Pascal Ory (Préface)
Présentation de l'éditeur
Loubard, écologiste, père comblé, anarchiste, amoureux transi, mitterrandiste, chanteur à texte, démago, voix fausse, artiste engagé, marin, provocateur, nouveau Brassens, timide, etc. Chacun s'est construit une image du chanteur Renaud. Image toute personnelle qui diffère de l'un à l'autre. Cette image s'appuie sur l'écoute des chansons, imposées (à la radio) ou non (achat d'un disque), sur la promotion médiatique des œuvres, sur un positionnement politique ou le choix des mots. Ce livre décrypte comment ces images ont pu s'élaborer au cours des vingt années étudiées. Si un individu bâtit sa propre image de chaque personnage public, des traits communs apparaissent. Ceux-ci n'émergent pas par hasard. Tout un travail a lieu de la part de la production pour livrer une image précise au public. Les médias se chargent ensuite de l'amplifier ou de la dévier. Le cas de Renaud est exemplaire. Auteur à succès (plus de dix millions d'albums vendus en vingt ans), il n'est pas resté sur une posture définie dès le début de sa carrière. A l'inverse d'un Brassens, Renaud évolue, change et le met en avant. Ces changements sont enclins à polémique et déstabilisateurs pour une image préconçue. Ce livre analyse d'abord les facteurs qui permettent au chanteur d'émerger dans l'horizon culturel pour ensuite examiner les aléas de cette image au cours de trois septennats. L'auteur livre ici son premier ouvrage, tiré d'une maîtrise d'histoire culturelle à Paris I Panthéon Sorbonne, sous la direction de Pascal Oury.
Les manuscrits de Renaud en 2 volumes : Chansons, lettres, dessins et inédits
de Jacques Erwan (Auteur)

Présentation de l'éditeur
Plonger dans les poches du Perfecto du " chanteur énervant ", du " Bruant du périph' ", et y découvrir des pépites de création et d'inventivité : voici ce que propose cette édition en fac-similé des manuscrits de Renaud. Composées dans des carnets ou des cahiers d'écolier, sur feuilles volantes, déchirées, sur des nappes de bistrots ou des papiers à en-tête de restaurants ou d'hôtels, une grande partie des chansons du répertoire de Renaud sont ici rassemblées. Sont reproduits pour la première fois de nombreux dessins, croquis marginaux ou caricatures réalisées pour Charlie Hebdo, des lettres, télex et autres " bafouilles " qui disent à la fois les engagements du chanteur, ses emportements et son extrême sensibilité, mais surtout les brouillons de chansons phares, comme Chanson pour Pierrot, Où c'est qu'j'ai mis mon flingue Mistral gagnant, Laisse béton, Manu, Morgane de toi, En cloque, Marche à l'ombre, Miss Maggie, Manhattan-Kaboul, Mon bistrot préféré, Les Bobos, etc. Ce coffret donne à voir également un grand nombre de chansons moins connues du public, notamment des textes de jeunesse, et des textes inédits. Mais il offre surtout à entendre une langue singulière, un argot mâtiné de verlan, lardé de licences poétiques, où résonnent l'écho de parlers populaires et une gouaille aussi corrosive que tendre.
Biographie de l'auteur
Jacques Erwan, ancien journaliste (Libération...) et producteur de radio (France-Culture...), est conseiller artistique (Théâtre de la Ville de Paris, La Comédie de Reims). Il est l'auteur de plusieurs livres consacrés à des chanteurs dont un essai relatif à Renaud, publié chez Seghers-Laffont.
Putain d'Bouquin (Broché)
de David Kuhn (Auteur), Renaud Séchan (Auteur)
Présentation de l'éditeur
Qui est Renaud ? J'en sais rien, j'donne ma langue au chagrin. Si tu sais - toi - souffle-moi. Aucun livre ne donnera la réponse, celui-là pas plus que les autres sauf que ce bouquin ne se demande pas qui il est mais qui ils sont. Qui sont Renaud ? Qui sont les renards qui lui tournent autour depuis cinquante-quatre ans dont les morsures ont fait de lui ce qu'il est. Renaud et sa meute de renards - une bande de jeunes à lui tout seul - ou autant de chetrons d'un même homme que ce livre explore et illustre. Putain de bouquin que ce livre-objet de et par Renaud ! Le chanteur s'y dévoile à travers cent pages de photos rares et d'objets de sa collection privée. Une édition inédite qui suit les traces laissées par trente ans de chansons, de coups de gueule et de virées. Textes originaux, documents insolites, correspondances ou encore couvertures de magazines introuvables. Putain de bouquin ! C'est un peu comme chez la mère à Titi... Mais chez Renaud ! Derrière chaque objet, une histoire, devant chaque photo, une émotion !
Le chanteur sera en concert au Zénith d'Orléans le jeudi 24 mai.
Présentez-nous le concert « Rouge sang » que vous allez offrir au public orléanais...
Un beau décor sur le thème des toits de Paris, des musiciens fidèles et des nouveaux aussi. Moi, j'ai retrouvé une voix à peu près correcte - c'est vrai je n'ai jamais été connu pour ma voix, je ne suis pas Carruzzo - mais je fume moins, je suis heureux, je ne bois plus. Cela joue sur les cordes vocales ! Sur scène, je suis toujours déconneur, provocateur. Et, on a fait un subtil mélange pour imposer les nouvelles chansons et offrir aux nostalgiques les anciennes, ce qu'ils appellent « la bande son du film de leur vie ».
« Rouge sang » parle d'amour, d'enfance, de la clope mais aussi des bobos. C'est une chronique sociale ?
Beaucoup de mes potes se sont retrouvés dans ce portrait de cette classe sociale assez large, citadine. Moi aussi, je m'y intègre. C'est une chanson fantaisiste pour faire sourire mais certains bourgeois gauche caviar, qui manquent d'humour, se sont sentis agressés.
Quand on dit de vous que vous êtes tendre et révolté à la fois, cela vous convient bien ?
Comme tout le monde, j'ai mes coups de coeur, mes coups de gueule, mes colères. Je suis sensible à la beauté, à la vie, aux enfants et révolté par la barbarie, les injustices... J'essaie d'évoquer tout cela dans mes chansons.
Vous avez dit « un artiste c'est comme une strip-teaseuse ».
On livre son âme sur scène, comme une strip-teaseuse livre son cul. J'aime bien raconter ma vie mais je n'aime pas la vendre ou me la faire voler par la presse people. D'ailleurs, pour parodier « Voici », lors de ma tournée, mon programme s'appelle « Merci ». On y trouve des « peopleries » sur ma vie privée et professionnelle. C'est assez rigolo.
Engagé, vous soutenez la libération d'Ingrid Bétancourt...
C'est une femme libre, démocrate, intègre qui s'est battue pour la liberté, contre la corruption, l'injustice. On ne sait pas si elle est encore vivante. Elle devrait d'ailleurs être la future Marianne. Si seulement, avant la fin de ma tournée, la Colombie pouvait libérer sa plus belle colombe.
Dans un autre domaine, vous êtes anti-corrida également...
C'est révoltant que cette pratique existe encore dans un pays civilisé. Alors je fais signer des pétitions, accueille des associations pour la protection animale.
Durant votre tournée, avez-vous le temps d'écrire, de créer ?
De procréer plutôt ! J'ai deux enfants. J'en voudrais encore quatre. Sinon, oui, j'écris beaucoup, pour d'autres que moi aussi et je passe beaucoup de temps sur Internet à dialoguer avec mes fans.
Vous vivez à Londres. Pourquoi le choix de cette ville ?
On y vivra vraiment dans deux ans. J'aime le civisme des Anglais, leurs pubs, leur foot, leurs flics courtois, leur rock, leur art de vivre. Et l'anonymat que l'on peut avoir là-bas avec Romane. Mais ce n'est surtout pas pour les impôts, je ne me plaindrai jamais de payer l'ISF.
Quels sont les jeunes artistes qui vous plaisent aujourd'hui ?
Y'en a plein ! Delerm, Bénabar, Dorémus, Jeanne Cherhal, Agnès Bihl, Marie Cherrier, Elodie Frégé, Aldebert, Raphaël, Grand Corps Malade, Abd al Malik. Toute une richesse, un renouveau.
Votre regard sur votre carrière ...
Si c'était à refaire, je re-signerai mais je serai peut-être plus exigeant. Ce qui compte c'est de durer. Et malgré les périodes difficiles, je suis là depuis 32 ans.
Vos projets ?
Finir cette tournée, passer du temps avec ma femme, faire le baby-sitter à sa place et que sa carrière décolle, écrire, voyager. Je dois aussi finir mon roman autobiographique « Le jaune et le noir ». Le prochain album, ce n'est pas urgent...
Claire Damon