deserteur39

Analyse de l'oeuvre de renaud AMOUREUX DE PANAME

Analyse oeuvre — Par deserteur39 @ 09:24

Analyse personnelle par Dany Isenguerre

 Le liens vers les textes de cette album

Amoureux de Paname (1975)

Aaah, "Amoureux de Paname" ! Premier album officiel de Renaud, cet album est intéressant à plus d'un point. Globalement, on a l'impression d'entendre l'album d'un chanteur de rues, guitare à la main et verbe acide aux lèvres, qui aurait eu la chance de pouvoir enregistrer son premier album. Cependant, pour peu que l'on écoute bien, à travers la musique et les paroles, c'est un chanteur qui marquera la fin de siècle du paysage musical français qui s'annonce.

1. Amoureux de Paname

Chanson ayant donné son nom à l'album, elle sonne comme une carte de visite 'light' de Renaud, invitant l'auditeur non encore rebuté par ce premier contact à poursuivre l'écoute de l'album. Je ne sais pas si Renaud envisageait dès le départ une carrière comme celle qu'il a connue par la suite ["Le succès ne se prévoit pas !" (sic la moman de Jordy (héééé oui !))], mais plusieurs chansons de l'album semblent le destiner volontairement à devenir LE chanteur des Parisiens qui aiment les vieilles pierres de leur ville et les promenades au petit matin sur les quais typiques et brumeux de la Seine, le tout évidemment sur un fond d'accordéon. Renaud s'invente un personnage, n'est-ce pas la clef du succès pour un chanteur ?

2. Société tu m'auras pas

On passe à la vitesse supérieure. Après la présentation 'géographique et affective' du chanteur, nous avons droit ici à une présentation 'intellectuelle'. Renaud façonne le personnage introduit par la première chanson, l'affirme et le rend plus dur, volontairement anarchiste, les arrêtes plus tranchantes. Cependant, l'orchestration de la chanson et le rythme des paroles empêchent (mal?)heureusement d'y croire totalement. Renaud semble néanmoins vouloir filtrer son public. Ceux qui continuent et passent à la troisième chanson seront des fans. Je pense que ce choix est à l'origine de la carrière prodigieuse du chanteur. Aurait-il pu, vocalement et physiquement, concurrencer les dinosaures de l'époque sur leur terrain de paillettes, lumières et autres rythmes discos ?

3. Petite fille des sombres rues

On s'attend à l'explosion finale... et tout s'écroule. Ce sont des hectolitres de sirop rose bonbon qui nous sont soudains déversés sur la tête. Nous nageons ici en plein romantisme à 10 francs, en pleine poésie au kilo. La rumeur veut que cette chanson, écrite à la va-vite, remplace sur l'album une chanson beaucoup plus engagée politiquement (on évoque F. Castro). Passons plutôt à la chanson suivante.

4. La java sans joie

Renaud reprend ici le rôle qu'il avait introduit au début de l'album et s'affirme comme un titi de Paris, un gavroche chantant. A l'écoute de cette chanson, on cherche en vain la casquette où jeter sa pièce. Le parler parisien s'affirme, l'argot pointe timidement son nez, les noms de rues ou de quartiers prennent souvent la relève d'un dictionnaire de rimes défaillant.

5. Gueule d'aminche

L'album est lancé, il se contente désormais de maintenir sa vitesse de croisière. Que dire d'autre de cette chanson sinon qu'elle confirme encore et toujours l'image d'un chanteur populaire parisien ? Loin des sunlights des tropiques, c'est un personnage digne d'un Zola qui tient la vedette. Loin d'Alexandrie, c'est une vision des vieux quartiers de la capitale française qui sert de décor. L'appel à l'anarchie y est moins direct. Renaud semble d'ailleurs commencer à maîtriser l'art des messages indirects.

6. La coupole

Quittons le quartier de la chanson précédente, prenons la première à droite, qu'y voyons-nous ? Telle semble être l'inspiration initiale de la chanson, qui sonne comme une accalmie, comme un coup de frein nécessaire avant le virage et l'accélération de la chanson suivante.La musique participe à la décompression. Pour la première fois de l'album, nous avons droit à une mélodie légère et enjouée dont le seul but est d'être chantée.

7. Hexagone

Sans aucune hésitation LA chanson de l'album. Cette chanson est la plus représentative du style "chanteur de rue" déjà maintes fois ressenti jusqu'ici. Cependant, le message est pour une fois généraliste. On sort du cadre de la capitale, tous les Français se font nettoyer au vitriol. La musique importe peu, les trois ou quatre pauvres accords ne sont là que pour s'effacer devant le flot caustique des paroles. La chanson se veut provocante, la forme rejoint le fond. Ceux qui gardaient un goût de trop peu depuis "Société tu m'auras pas" recoivent enfin une dose correcte. C'est au burin que Renaud finalise le personnage qu'il veut faire ressortir de l'album. Aujourd'hui encore, cette chanson, légèrement remaniée pour suivre les réalités de ce monde, se positionne comme une incontournable de Renaud et le restera sans doutes encore longtemps, comme tout besoin de message que l'on attend obstinément mais qui ne se concrétise jamais vraiment.

8. Ecoutez-moi les gavroches

Cet "Amoureux de Paname" bis, bien plus pâle que son grand frère, ne confirme que ce que l'on avait déjà senti dans l'album. Renaud semble avoir du mal à varier son inspiration et semble s'étouffer dans son style, ses sujets, au point de ne plus pouvoir éviter les redondances. Si un deuxième album doit voir le jour, il devient urgent de se renouveler.

9. Rita

La chanson-gag, par le fond ou la forme, est une voie de secours possible . "Rita" en est le meilleur exemple. Cette chanson arrive comme un énorme croche-pied pour ceux qui se satisfaisaient de l'ambiance générale de l'album. Et même si la chanson en elle-même à une forte odeur de vite-vite-pour-avoir-une-plage-de-plus-sur-l'album, une brèche vient de s'ouvrir et Renaud s'y engouffrera bientôt totalement, délaissant un peu les extrêmes où il se condamnait à s'enfermer, partant à la conquête d'un public sans doute plus sain, mais surtout plus nombreux.

10. Camarade Bourgeois

Cependant, l'album n'est pas encore fini et il manque toujours une chanson représentative et surtout présentable au public pour lancer le chanteur. "Hexagone", pourtant candidate autoproclamée, ne peut pas convenir. Difficile en effet, quand on n'a pas encore la renommée, de faire passer le message "vous êtes des nuls, achetez toutefois mes disques" ! "Camarade Bourgeois" sera la rampe de lancement idéale. On y retrouve tous les thèmes chers au chanteur mais la cible, celle qui de toutes façons n'est pas destinée à acheter l'album, est particulièrement bien choisie: les bourgeois. Renaud s'attire ainsi la sympathie du public auquel il se destinait, le public majoritaire, le peuple. Même la musique semble soudain plus perfectionnée dans le but d'intéresser le plus grand nombre d'auditeurs. Il semble d'ailleurs que ce soit la chanson que Renaud a chantée lors de son premier passage télévisuel. Renaud sera toutefois ingrat envers cette chanson et ne la reprendra jamais à ma connaissance en concert.

11. Le gringalet

Que dire d'autre que "prenez 'Gueule d'aminche', prenez 'La java sans joie', mélangez, faites revenir et servez chaud" ? La redondance devient ici maximale.

12. La menthe à l'eau

Chanson intéressante car elle élargit la brèche ouverte par "Rita". Renaud introduit les jeux de mots et les jeux sur les mots dans ses chansons. La forme change également. Le style devient plus chantant, plus ouvert, au point de faire involontairement tâche dans l'album.

13. Greta

Chanson totalement inclassable. L'album semble se terminer en roue libre et Renaud semble vouloir placer un ballon d'oxygène pour récupérer certains fans potentiels étouffés par le reste de l'album. Plus rien ne doit être pris au sérieux, l'ambiance générale est à la grosse fatigue, la grosse beuverie après le travail terminé. Je ne sais pas si cette chanson a été composée après les autres, mais cette oeuvre est celle où la forme est la plus marquée et rejoint parfaitement le fond au point de le servir. Le musicien semble de mieux en mieux maîtriser son sujet, le parolier semble enfin se diversifier. Juste de quoi titiller la curiosité pour le prochain album...

 

 


INGRID BETANCOURT 2000 JOURS

Renaud engagé — Par deserteur39 @ 10:57

RENAUD PUB CENSURE ANTICORRIDA

Renaud engagé — Par deserteur39 @ 16:45

Paris, le 30 juillet 2007

A l’attention de Monsieur Jean-Pierre TEYSSIER

Président du BVP

Monsieur le Président, 

Je suis fort étonné d’apprendre que le Bureau de Vérification de la Publicité refusait de donner un avis favorable à la diffusion d’un Spot publicitaire contre la corrida réalisé conjointement par la SPA, le CRAC et la FLAC. 

La SPA, associée à ces deux associations, s’est beaucoup investie pour dénoncer la cruauté tauromachique : un animal qui se fait torturer, 15 minutes durant, devant un public venu payer pour assister à un massacre. Vous comprendrez aisément que la SPA ne peut tolérer l’existence de ces « spectacles » qui font appel aux plus bas instincts de l’homme.  

A trois reprises, nous avons souhaité modifier le spot pour avoir l’accord de le diffuser et avons ainsi fait preuve de bonne volonté pour voir ce projet qui nous tient à cœur aboutir.

A trois reprises, vous avez refusé de donner un avis favorable. Je suis très en colère et ignorais que le BVP pratiquait une censure aussi scandaleuse. Nous souhaitons dénoncer la souffrance infligée à un animal, la persistance de cette tradition intolérable dans un pays moderne, la nécessaire prise en compte de l’intérêt supérieur de l’animal face aux traditions archaïques ! 

Plusieurs chaines de télévision diffusent à l’heure actuelle des images de corrida, des images de sang, de souffrance, de violence sans que les instances télévisuelles ne s’en offusquent… Pourquoi est-il aujourd’hui impossible en France de diffuser un spot dénonçant ce que 75% des Français considèrent purement et simplement comme de la cruauté ? Parce que le BVP protège les intérêts du monde taurin, celui-là même qui refuse de concevoir la souffrance de l’animal et qui prône sans cesse l’excuse délirante de la tradition et de la beauté du spectacle pour justifier l’injustifiable ! On ne saurait qualifier d’art ce qui engendre Souffrance et Mort…Oui le taureau souffre et personne ne saurait le lui dénier. 

Président du BVP, vous avez, au-delà de votre conscience professionnelle, le devoir d’imposer une éthique dans le monde publicitaire. Vous ne devez pas balayer d’un revers de main ceux qui tentent de dénoncer la pratique de la tauromachie ! Une tribune doit leur être accordée et je vous demande d’accepter la diffusion de ce Spot.

Ne vous laissez pas aller à une censure publicitaire qui présenterait la corrida comme un sport national artistique.

De mon côté, avec la SPA, le CRAC et la FLAC, je continuerai à me battre contre la corrida. J’attends du gouvernement un geste fort : l’abolition de la corrida en France !

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’assurance de ma considération distinguée.

Renaud

 

 


 
LIENS SUR LES AUTRES EXPLICATIONS ET VIDEOS 

RENAUD OFFRE UN CONCERT GRATUIT CHEZ LUI

Article de journaux — Par deserteur39 @ 13:29

"Docteur Renaud, Mister Renard", le feuilleton radiophonique de l'été...2004

RENAUD RADIO — Par deserteur39 @ 14:33

 

 
clic sur l'image pour accéder à la page d'écoute 
 
 

 

 

"Ce projet est une biographie, certes. Mais ce n’est pas pour autant une nécrologie. C’est un état des lieux. Une tentative d’analyse d’un point noir, d’une traversée du désert, d’une cassure, entre celle d’un homme d’un quart de siècle, et celui du demi-siècle. Un homme adulé d’un public, chanteur comblé, vendant des millions de disques, symbole d’une génération de jeunes des cités, dont il est devenu le porte-parole parce qu’il a d’abord su leur parler et devenir leur « copain », symbole aussi d’un idéalisme qui se verra abouti en 1981 avec l’arrivée de la Gauche au pouvoir en France. Symbole d’espoir, de fraternité, de justice sociale, d’humanisme."

Une co-production des Radios Francophones Publiques, présentée par la RTBF. Réalisation : Dominque Martinot Lagarde

Avec la participation de Renaud, Thierry Séchan, Solange et Olivier Séchan, Robert Charlebois, Axelle Red, Sarclo, François Walthéry, Vincent Taloche, Jean-Pierre Buccolo, Alain Lanty et Jack Lang.


Chronique d'une collection RENAUDIENNE

Chez moi — Par deserteur39 @ 13:00

Fan de renaud depuis des années je vais vous faire faire le tour du propriétaire renaudien du plan large au plan beaucoup précis par la suite je vais montrer mon environement...

c'est partie :

 


Maintenant les vinyls Dédicassés :

un coffret 45t et 2 bouquins que j'affectionnent particulièrement.

 

 

 

Et maintenant les manuscrits de renaud, un superbe livre...

 

 

 

 

Une carte postale Dédicassé

 

 

 

 

 


PONDICHERY

Renaud engagé — Par deserteur39 @ 12:39
C’est bien à l'eau potable qu'on lave nos bagnoles
Qu’on nettoie nos salades, nos chiens, nos culs, nos grolles
Et l'eau potable encore coule dans nos toilettes
Irrigue nos récoltes et nous lave la tête.

Elle arrose nos fleurs, nos pelouses, nos parterres,
Nos lessives ont l'odeur d'une eau limpide et claire
Elle coule en abondance aux fontaines wallace
Et laisse à ma conscience comme un goût dégueulasse, comme un goût dégueulasse

Car à Pondichéry les enfants sont crasseux
Boivent à l'eau croupie d'un marigot pour boeufs
Et parce qu'en Somalie des femmes meurent chaque jour
A tirer l'eau d'un puit asséché pour toujours, asséché pour toujours

Combien dépensons nous dans nos contrés prospères
Pour nourrir nos toutous, compagnons de misère
Pour offrir à nos chat leur plus belle litière
Les gaver de foie gras en barquettes légères

Le prix d'un toilettage, vaccin, vétérinaire
Nourrirai le village d'une tribu berbère
J’aime aussi ces bestioles pas jusqu'au fanatisme
Et parfois me révolte devant tant d'égoïsme, devant tant d'égoïsme

Car à Pondichéry l'enfant dors dans la rue
La décharge est pour lui quand les chiens sont repus
Et parce qu'en Somalie l'âne reçoit des coups
Même s'il sauve des vies, en trimant plus que nous, en trimant plus que nous

Combien de cris, de plaintes dans nos pays nantis
Pour la moindre des atteintes à notre train de vie
Travailler toujours moins, toujours plus posséder
C'est le credo communs du bourge à l'ouvrier

Marxisme et capital corollaire l'un de l'autre
C’est la même lutte finale nos gueules avant les vôtres
Seillière ou Laguiller tous pauvres pour la seconde
Que des riches pour le premier et quoi pour le tiers monde, et quoi pour le tiers monde

Car à Pondichéry l'urgence c'est de vivre
Le confort ou l'ennui ne sont que dans les livres
Et parce qu'en somalie la liberté se gagne
Lorsque tombe la pluie sur le désert infâme

Car à Pondichéry ils ignorent ma chanson
Qui avoue nos folies et demande pardon
Et parce qu'en Somalie ou les mots ne peuvent rien
La misère et l'oubli n'aurons jamais de fin, n'aurons jamais de fin.
 
Renaud SECHAN
 

Monsieur Renaud a chassé “le Renard”

Renaud engagé — Par deserteur39 @ 13:23

Monsieur Renaud a chassé “le Renard”

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 Les coups de gueule sont toujours là, les colères et l’émotion toujours à fleur de peau… Mais Mister Renard a définitivement laissé la place à un artiste bien dans ses pompes, chaleureux. Son dernier album et le succès de sa dernière tournée en témoigne. Rencontre, lors de son concert à Epernay, avec Monsieur Renaud.

Il est 18 h 40. Le ciel noircit à toute allure au-dessus du Millésium, la grande salle de concert d’Epernay (Marne). L’orage gronde quand Renaud arrive de Paris avec ses musiciens. Salue chacun des techniciens qui ont monté la scène, les gars du son et des lumières, serre la pince des cuistots qui nourrissent tout ce petit monde en coulisses. Même le policier qui a ouvert la route à la voiture de Renaud a droit à son bonjour. Plus tard, Renaud acceptera aussi de lui faire une dédicace sympa sur l’album que le fonctionnaire lui fera parvenir. « D’habitude, je suis pas trop flic… Mais lui a une bonne tête ». Il s’excuse aussi des dix minutes de retard pris sur la route pour le rendez-vous qu’il nous avait fixé : « Désolé les gars mais c’est pas moi qui conduit. Ce n’est pas grave, on prendra le temps qu’il faudra ». Promesse tenue. Et largement. Près de trois quarts d’heure en tête à tête dans la loge et une liberté totale de circuler en coulisses et dans les loges avant, pendant et après le concert. Renaud, c’est vraiment la classe.
Vous n’avez jamais autant écrit de chansons d’amour que dans votre dernier album, Rouge sang (Virgin-EMI), un album d’architecture “Romane” disent certains…
« Vous trouvez ? C’est un double album de vingt-six chansons, car il y en a deux en bonus avec le système opendisc internet du CD, et sur vingt-six titres il y en a quoi ? Cinq ou six qui parlent d’amour. Je crois que je suis dans ma moyenne habituelle même si, vous avez raison, j’ai un nouvel amour que j’avais très envie de chanter, “de manière excessive voir redondante” comme me dit ma fille. Et même si c’est plus qu’il n’en faut, elles sont toutes différentes. Et puis j’ai eu l’expérience d’un amour que je croyais éternel… Je croyais que l’amour éternel existait… Il existe peut-être mais pas pour moi, pas pour cette histoire-là… Bref, cette fois-ci, je me suis dit qu’il fallait les faire tout de suite au cas où ! »
Vous avez trouvé le juste équilibre entre les nouvelles et les anciennes chansons, vous arrivez à contenter tous les spectateurs ?
« Ce n’est pas facile de satisfaire les amateurs de tubes, ceux qui veulent retrouver leur jeunesse, ceux qui ont envie des chansons des années quatre-vingt-dix, ceux qui viennent réécouter la bande-son de leur vie - comme l’ont écrit certains de vos confrères - et moi qui ai très envie que mes dernières chansons, mes derniers bébés, vivent sur scène. Je crois avoir trouvé le tour de chant idéal. Mais du coup, il dure plus de trois heures ».
Et vous faites un nombre impressionnant de rappels comme lors de votre concert de Nancy en avril…
« Je vous rassure, il y en a certains de prévu, trois en général. Ca m’est arrivé d’en faire plus. Moins aussi d’ailleurs. Je suis parfois tombé sur des salles que j’ai crues à tort ou à raison plus froide. Et j’étais énervé d’avoir des paparazzi dans la salle qui me mitraillent avec leur portable, qui téléphonent au frangin pour lui faire écouter un bout de chanson et frimer. Ils se font des souvenirs numériques plutôt que de s’en faire dans les yeux, la tête, le coeur. Bref parfois ça m’énerve et je punis en ne faisant pas un des deux medleys. Et bien sûr, dès le concert fini, je le regrette immédiatement ».
Vous n’avez toujours pas osé chanter votre toute première chanson Crève, salope sur scène ? Même un bout dans un rappel ?
« Toujours pas… Elle faisait de la peine à mon père… Je n’ai pas envie de la chanter, ce n’était pas vraiment une bonne chanson. Dans certains concerts un peu délire, il m’est arrivé d’en reprendre un ou deux couplets. Pas plus ».
Le premier titre du concert est Malone, la chanson écrite pour votre fils. Il s’est imposé naturellement ?
« C’est un hymne à la vie, au présent, au futur. Dès que j’ai entendu la mélodie, dès que j’ai entendu l’enregistrement, j’ai su que ce serait celui qui débuterait le concert ».
Vous chanter aussi Elsa, un titre particulièrement émouvant?
« J’ai beaucoup de mal à la chanter sans chialer… Si je me laissais aller, je ne pourrais pas. Elsa, je l’ai rencontré quand elle avait 8 ans. Elle était venue avec son école m’interviewer : ils m’avaient tous amené des dessins, des trucs de mômes, sympas… C’est la seule qui m’a demandé mon adresse pour m’écrire. Elle m’a envoyé de longues lettres magnifiques, sans une faute d’orthographe… Quand on voit comment certains écrivent aujourd’hui… Elle n’est pas fille de bourgeois, elle habite près de chez vous, en Lorraine, à Allamps. C’est un village pas loin de Toul je crois. Elle a eu la chance d’avoir de bons instituteurs, de bons parents qui lui ont fait une belle éducation. Elle a continué à m’écrire et je lui répondais. Je l’ai revu deux ans plus tard sur une tournée, et sur une autre encore. On s’est régulièrement revu, écrit… A la suite d’un faits divers en banlieue parisienne - deux gamines s’étaient suicidées en sautant du haut d’une tour - j’avais commencé à écrire une chanson sur le suicide des ados. Un sujet qui me bouleverse. Et deux jours après que j’ai commencé à écrire, j’apprends le suicide de son grand frère de 20 ans… Un petit gars bien, doué, beau, intelligent… Forcément, ça me touche encore plus… J’aime bien les chansons de mon répertoire où il y a de l’empathie. Elsa sera d’ailleurs là avec sa famille à Amnéville. Je crois qu’on est devenu un peu plus que des connaissances, j’espère qu’elle me considère comme un ami. Faudra que je me contrôle pour ne pas chialer. Faudra que je me dise qu’Elsa, c’est aussi une chanson d’amour ».
En plus de vos combats pour Leonard Peltier ou Ingrid Bettancourt, vous vous battez aussi pour l’environnement. Renaud cède à la mode ?
« Pas vraiment. Je suis proche de Greenpeace depuis 1982 et les seuls politiciens en qui j’ai confiance, ce sont ceux qui se soucient de l’avenir de nos enfants, de la planète avant les problèmes financiers. Nos petits problèmes franco-français sont dérisoires face à la déforestation, les rivières polluées, la mer dégueulasse, le réchauffement climatique, la banquise qui fond… Alors que l’agriculture biologique peut nourrir la planète entière, on continue à produire des merdes au kilo qui n’ont pas de goût, pleins d’OGM, mauvais pour la santé et qui polluent beaucoup. Le combat pour l’environnement, c’est le combat le plus essentiel. C’est pour ça que j’ai toujours soutenu les Verts depuis 15 ans, que je lutte contre l?horreur tauromachique. Je défends le vivant : l’être humain, les enfants, l’animal, le végétal. On fait partie d’un tout ».
Joan Baez a récemment repris Manhattan-Kaboul…
« Ma soeur était dans la salle à Paris quand elle l’a fait pour la première fois. Elle me l’a dit aussitôt. Elle chante aussi Dans la jungle pour Ingrid Bettancourt. A 15 ans, j’avais son poster dans ma chambre et aujourd’hui, cette reine de la folk song, de la protest song reprend deux de mes titres. C’est clair, c’est une sorte de consécration ».
Vous avez Arrêter la clope ?
« Presque. J’essaye. En parlant de clopes, j’aime bien les petits rebelles qui trouvent “dégueulasses qu’on entrave leur liberté individuelle en les empêchant de fumer dans les lieux publics”. Vous avez déjà entendu ça, non ? J’adore quand il balance : “Et ma liberté merde !” Ils revendiquent la liberté alors que la clope c’est un esclavage ».
 Propos recueillis par Emmanuel Humbert
 Photos de Fred Lecoq, RL


Renaud offre certains albums jamais sortie par virgin

Renaud engagé — Par deserteur39 @ 11:17

Casino de Paris 1992

Le grand Choral
chante Renaud 

Zénith 1986 

MJC Argenteuil
(Live 1976)
 
Olympia 1996...
 
 
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RENAUD CHANTE EN PRISON

Renaud engagé — Par deserteur39 @ 10:00

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